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A en croire le collège communal namurois, c’est une "première" wallonne. L’initiative n’est en tout cas guère développée à notre connaissance ni en Flandre, ni à Bruxelles (où l’Open VLD régional avait été demandeur dans ce sens) : il y aura désormais à Namur, et plus précisément à Salzinnes, un lieu d’accueil et de recueillement interconvictionnel pour permettre à toutes les familles namuroises, sans distinction de religion ou de convictions philosophiques, de rendre un dernier hommage, dans la dignité, à leurs défunts.

Depuis fin 2008, l’ancienne salle des mariages de Salzinnes était inoccupée, Namur en ayant inauguré une nouvelle à la Citadelle. Pour concrétiser le projet d’un lieu de recueillement interconvictionnel, un comité d’accompagnement, composé des échevins Alain Detry (MR), Bernard Ducoffre (MR) et Tanguy Auspert (CDH) fut installé en février 2010. Et le 24 janvier de cette année, le projet appelé "Espace Pluriel" était présenté au conseil communal. Depuis lors, les services de la Ville ont rafraîchi la salle qui est pratiquement prête, dotant la capitale wallonne d’un lieu sans équivalent en Belgique francophone.

Comme l’ont rappelé les échevins lundi, "tout le monde ne souhaite pas que ses funérailles se déroulent dans un cadre religieux : église, mosquée ou temple mais d’aucuns ne veulent pas davantage d’une cérémonie funéraire civile avec une connotation laïque, au sens militant du terme. D’où l’intérêt de proposer un espace neutre sur le plan philosophique, donc "interconvictionnel" et d’accès gratuit qui puisse accueillir une bonne centaine de personnes. De telles salles existent dans certains funérariums, mais leur capacité est limitée. De même, il y en a aussi dans les crématoriums mais seuls les proches des défunts font, généralement, ces déplacements assez lointains".

A Namur, "L’Espace Pluriel" permettra d’organiser des cérémonies d’hommage aux défunts avant qu’ils soient conduits au cimetière ou au crématorium. Pas question de se substituer aux funérariums mais l’objectif est de pouvoir organiser des cérémonies collectives d’hommage, d’évocation de la mémoire ou des grandes étapes de la vie du défunt, selon un scénario librement choisi par la famille, voire défini dans les dernières volontés du défunt. Comme la ville peut difficilement prendre en charge cette dimension-là, une convention a été conclue avec la Maison de la Laïcité François Bovesse de Namur qui en assumera la gestion dans une totale neutralité. En pratique, la Maison de la Laïcité se dotera, d’ici peu, d’un numéro de téléphone "078" qui permettra aux familles de nouer un premier contact.

Quant à l’organisation des cérémonies, il y a deux cas de figure. Soit, la famille prend en charge l’organisation et établit son propre rituel et la Maison de la Laïcité n’est que "concierge". Soit la Maison de la Laïcité s’en occupe, avec l’aide d’un délégué moral du Centre d’action laïque.

Les responsables du nouveau lieu d’accueil profitent de l’occasion pour souligner une disposition légale méconnue. L’article L 1232-17 § 2 du Code de la démocratie locale et de la décentralisation prévoit que "toute personne peut, de son vivant, informer de son plein gré et par écrit l’officier d’état civil de sa commune de ses dernières volontés quant au mode de sépulture, ( .) au rite confessionnel ou non confessionnel pour les obsèques [ ]". On ose penser que si le nouvel espace s’adresse en priorité aux laïques, il pourra aussi accueillir des cérémonies de cultes ne disposant pas de lieux dans la capitale wallonne