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La liste du Centre Simon Wiesenthal reprenant les criminels nazis les plus recherchés compte dix noms en 2016.

Helma Kissner

Opératrice radio dans le camp d’extermination d’Auschwitz, en Pologne d’avril à juillet 1944, elle devrait être jugée, à 92 ans, par un tribunal allemand cette année, pour la participation aux meurtres de 260000 personnes.

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Reinhold Hanning

Cet Allemand n’avait que 20 ans lorsqu’il a été enrôlé comme gardien au camp d’Auschwitz. Aujourd’hui âgé de 94 ans, il a été condamné le 17 juin, à cinq ans de prison pour complicité dans l’extermination de 170 000 personnes. Au terme d’un procès de quatre mois devant le tribunal de Detmold en Allemagne durant lequel il s’est muré dans le silence, il a finalement avoué "avoir honte parce que j’ai regardé des injustices se faire et je n’ai rien fait pour les arrêter". Il reste libre en attendant son appel.


Helmut Oberlander

Cet Ukrainien affirme avoir été enrôlé de force comme traducteur dans l’Einsatzkommando 10a (EK10A), un escadron de la mort nazi qui opérait derrière la ligne de front allemande dans l’Est, responsable du massacre d’au moins 23 000 civils, en grande partie des Juifs. En 1954, Oberlander s’est envolé au Canada, pays dont il a obtenu la nationalité six ans plus tard, sans mentionner son rôle pendant la guerre. Le gouvernement fédéral, qui expulse ceux qui ont pris part à des crimes de guerre, a révoqué sa citoyenneté à trois reprises depuis 1995, mais à chaque fois cette décision est annulée en appel.

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Hubert Zafke

Son procès pour la participation au meurtre de 3 681 personnes s’est tenu en début d’année, à Neubrandenburg, dans le nord-est de l’Allemagne. Il a dû être suspendu en raison de l’état de santé du prévenu. Hubert Zafke, 95 ans, était infirmier dans le camp d’Auschwitz en 1943 et 1944. Son bureau se trouvait à proximité des colonnes de condamnés faisant la queue devant les chambres à gaz. Les charges contre lui se concentrent sur les mois d’août et septembre 1944, quand quatorze trains remplis principalement de Juifs venus de Pologne, Slovénie, Grèce, Allemagne et Pays-Bas sont arrivés à Auschwitz. Dans l’un d’eux, se trouvaient Anne Frank, restée célèbre pour son journal, et sa sœur Margot. Elles furent, par la suite, transportées au camp de Bergen-Belsen, où elles moururent en avril 1945, probablement du typhus.


Alfred Stark

Ancien caporal de la division Gebirsgjäger, Alfred Stark, 93 ans, a été condamné en 2012 par contumace pour sa participation, en septembre 1943, au meurtre de 120 officiers italiens sur l’île grecque de Kefalonia. Ce massacre s’intègre dans l’assassinat de 9 500 officiers de la Division Acqui, ordonné après la rupture de l’alliance italo-germanique. Malgré la condamnation à la prison à vie d’Alfred Stark par un tribunal militaire à Rome, l’Allemagne, où il vit toujours, a refusé son extradition.


Helmut Rasbol

À 91 ans, Helmut Rasbol (ou Helmut Leif Rasmussen) pourrait couler des jours paisibles à Copenhague, au Danemark. C’est sans compter sur le directeur du bureau israélien du Centre Simon Wiesenthal, Efraim Zuroff, qui a déposé en 2015 une requête auprès de la police danoise pour qu’une enquête soit ouverte sur son cas. Durant 1942 et 1943, Rasbol a admis avoir travaillé comme garde SS mais nie avoir participé à des assassinats. Efraim Zuroff maintient que le Danois a intégré les SS volontairement et qu’il a travaillé comme garde dans un camp établi à Bobruisk, en Biélorussie. La requête de Zuroff s’appuie sur un livre intitulé "En skole i vold", soit "Le Livre de la violence". Un des auteurs, historiens, y affirme que Rasbol lui aurait avoué avoir vu des Juifs se faire exécuter et jeter dans une fosse commune.


Aksel Andersen

Entre 1942 et 1943, il a travaillé comme garde dans le camp pour Juifs installé à Bobruisk, en Biélorussie. La quasi-totalité des prisonniers du camp ont été exécutés ou sont morts dans d’horribles circonstances.


Johann Robert Riss

Le 23 août 1944, 175 civils sont tués sommairement dans le marais de Fuccechio, en Italie, en représailles de l’assassinat de deux soldats allemands par des résistants. Cette affaire a été précisément documentée par Charles Edmonson, un sergent britannique, déterminé à trouver les responsables. L’ex-sergent Johann Robert Riss est l’un d’entre eux. En 2011, un tribunal militaire à Rome le condamne par contumace à la prison à vie avec deux autres nazis. Le tribunal militaire demandait aussi que le gouvernement allemand paie 14 millions d’euros en compensation pour les proches des victimes du massacre. L’Allemagne a refusé le paiement de cette somme et l’extradition de Riss pour l’Italie. À 93 ans, il vit toujours en Allemagne.


Algimantas Dailide

Cet ancien soldat lituanien, 95 ans, aurait été membre de la Saugumas, la police sécuritaire lituanienne contrôlée par les nazis. Il aurait arrêté douze Juifs qui essayaient de s’échapper de Vilna, un ghetto juif à Vilnius, la capitale, au début des années 1940. Comme nombre de nazis à l’époque, il a fui aux États-Unis et obtenu la nationalité américaine en cachant son rôle pendant la guerre. Rattrapé par les autorités dans les années 1990, il s’est vu retirer sa nationalité et expulser en 2004 pour l’Allemagne. En 2008, le quotidien israélien "Haaretz" déclarait que Dailide résidait à Kirchberg, dans l’ouest de l’Allemagne, avec sa femme. Un tribunal lituanien a condamné Daildie pour crimes de guerre, mais il échappa encore à la justice : en 2008, une instance judiciaire supérieure a estimé que son état de santé ne lui permettait pas d’effectuer une peine de prison.


Jakob Palij

À 94 ans, Jakob Palij vit dans une maison de quartier en vogue de Jackson Heights à Brooklyn, aux États-Unis. Mais sa vie est loin d’être paisible. Depuis plusieurs années, des manifestations ont régulièrement lieu devant sa maison à New-York. En cause : son rôle en tant que garde SS dans le camp de concentration de Treblinka, en Pologne de 1943 à 1945, où plus de 6 000 Juifs ont été tués. Aux Etats-Unis, les autorités estiment qu’il a empêché des prisonniers de s’échapper et a "directement contribué à leur assassinat éventuel", ce qu’il a toujours nié. En 2003, les autorités fédérales américaines le poursuivent pour avoir menti lors de son entrée sur le territoire et lui retirent sa nationalité. Mais il ne sera pas expulsé. Aucun pays n’a accepté de l’accueillir.