International La piste de l'extrême-droite évoquée dans les attentats d'Oslo rappelle celui perpétré en 1995 contre un bâtiment administratif à Oklahoma City (sud des Etats-Unis) par un jeune blanc proche des milieux néo-nazis.

Le 19 avril 1995, Timothy McVeigh, 26 ans, avait fait sauter une camionnette remplie d'explosifs au pied d'un grand immeuble de l'administration fédérale, le Murrah Federal Building. Cent soixante-huit personnes, dont 19 enfants, avaient été tuées et plus de 500 autres blessées tandis que le bâtiment était en grande partie détruit.

Cet attentat, le plus meurtrier jamais commis sur le sol amércain avant ceux du 11 septembre 2001, avait provoqué un choc énorme aux Etats-Unis.

Arrêté peu après les faits, cet ex-soldat de la guerre du Golfe, proche des milieux néo-nazis, a été exécuté le 11 juin 2001 après avoir affirmé avoir agi pour "le bien commun des Américains" en frappant l'Etat, surnommé "la Bête", qu'il exécrait.

Il avait également expliqué n'avoir pas supporté les conditions dans lesquelles la police fédérale avait mené l'assaut contre une secte à Waco (Texas), qui avait fait 86 morts le 19 avril 1993.

Son complice Terry Nichols, qui avait acheté les explosifs, dont 80 sacs de nitrate d'ammonium, un engrais fréquemment utilisé pour la fabrication d'engins explosifs artisanaux, a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération.

Dans le cas des attentats d'Oslo, qui ont commencé par une explosion dans le quartier des ministères, la police a indiqué qu'elle interrogeait un Norvégien "de souche" âgé de 32 ans et présenté comme un "fondamentaliste chrétien".

Selon les médias, qui l'ont identifié sous le nom d'Anders Behring Breivik, le suspect est proche des milieux d'extrême-droite.

Sur Facebook, le suspect se présente aussi comme directeur d'une ferme biologique qui lui a donné accès à des produits chimiques susceptibles d'être utilisés pour la confection d'explosifs. Une centrale d'achats agricole a indiqué qu'il avait acheté six tonnes d'engrais chimiques début mai.

L'attentat d'Oklahoma City avait attiré l'attention sur les milices d'extrême-droite aux Etats-Unis.

Selon des données réunies par le Southern Poverty Law Center (SPLC), une association qui fait autorité en la matière, le nombre de groupuscules racistes a augmenté de plusde 60% depuis 2000, passant de 602 à plus d'un millier l'an dernier.

Le SPLC avait estimé en 2009 que ces mouvements, rendus furieux par l'arrivée d'un Noir à la Maison Blanche, connaissaient un nouvel essor depuis l'élection de Barack Obama en novembre 2008.