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Une église catholique chaldéenne a ouvert jeudi ses portes près de Kirkouk (nord), une première en Irak depuis 2003, alors que la communauté chrétienne a fait l'objet l'an dernier de violentes attaques, a-t-on appris vendredi.

L'église, baptisée Mar Boulos (Saint-Paul), a ouvert jeudi ses portes dans un quartier nord de Kirkouk, une ville pétrolière multiethnique, à 240 km au nord de Bagdad.

"Il s'agit de la première église à ouvrir depuis 2003", a déclaré vendredi à l'AFP l'archevêque chaldéen de Kirkouk, Mgr Louis Sako.

"Nous ne pouvons pas nous isoler et rester seuls, nous avons besoin les uns des autres. Nous espérons que chrétiens et musulmans puissent vivre ensemble dans un pays basé sur des principes juste", a-t-il dit.

Kirkouk compte près de 600.000 habitants dont 10.000 chrétiens contre 50.000 avant la chute du régime de Saddam Hussein et ils n'ont pas pu célébrer cette année les fêtes de Noël après des menaces de mort adressées à des notables chrétiens de la part de l'Etat islamique d'Irak (ISI), une branche d'Al-Qaïda.

L'église fait partie d'un complexe d'environ 200 nouveaux logements, destinés à accueillir des familles chrétiennes déplacées de Bagdad et Mossoul, dans une zone considérée comme sécurisée en raison de sa proximité avec le siège de la Compagnie pétrolière du Nord (NOC).

L'inauguration a eu lieu jeudi soir en présence de 300 personnes dont des responsables locaux et des membres du clergé musulman.

"Ce complexe (...) constitue un message fort pour encourager les chrétiens à ne pas quitter leur pays et à rester en Irak, car ils sont à la base de sa civilisation et de son histoire", a souligné un député assyrien, Emad Yelda.

Hassan Toran, chef du conseil de la province de Kirkouk, a promis de "soutenir financièrement et moralement les chrétiens". "Aujourd'hui est un exemple de réconciliation, c'est un message de paix pour réaffirmer la cohabitation et la fraternité entre les religions de Kirkouk", a-t-il dit.

Les chrétiens d'Irak ont été la cible l'an dernier de plusieurs attentats qui ont culminé avec le massacre par un commando d'Al-Qaïda dans la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, le 31 octobre 2010, qui avait fait 46 morts.