International Le jeune prince, 31 ans, est devenu l’héritier du trône. Analyse.

C’est l’ascension insolente et - sans doute - inexorable d’un jeune surdoué doublé d’un surprotégé. Mohammed ben Salmane, 31 ans, est devenu l’héritier du trône d’Arabie saoudite, qu’occupe aujourd’hui son père. Le roi Salmane ben Abdelaziz al Saoud l’a désigné mercredi "prince héritier". Sa nomination a été approuvée par 31 des 34 membres du Conseil d’allégeance, chargé de régler les successions dans le royaume wahhabite.

Tout sauf un changement cosmétique, c’est un mouvement tactique dans cette monarchie pétrolière en pleine mutation. En intégrant, il y a deux ans, son fils et son neveu Mohammed ben Nayef (au rang de prince héritier) dans la succession, Salmane avait déjà annoncé l’avènement de la deuxième génération des successeursd’Abdelaziz al-Saoud (Ibn Saoud), le fondateur de l’actuel royaume d’Arabie saoudite en 1932. Mais en élevant aujourd’hui le premier et en évinçant le second, le roi confirme que ce saut générationnel se fera avec une plus grande amplitude.

Le neveu écarté sans ménagement

Dans la gérontocratie saoudienne, le roi Salmane ne dépareille certes pas, mais sa maladie (Alzheimer, selon une insistante rumeur) pourrait l’obliger à passer le flambeau dans un avenir tout proche. On se souvient que son prédécesseur, son demi-frère Abdallah, avait assuré une régence pendant près de dix ans à la fin du règne de son demi-frère Fadh, diminué par un accident vasculaire cérébral, avant de devenir roi.