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C'est la troisième fois que le monde s'émeut de la destruction "injustifiable" de monuments historiques par des islamistes.

La première fut celle des trois gigantesques Bouddhas de Bamyan (centre de l'Afghanistan), classés au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. En mars 2001, ils avaient été démolis par les talibans afghans et leurs alliés d'Al Qaïda parce qu'il s'agissait de vestiges de constructions datant des 3è- 7è siècles, reflets d'une civilisation dont l'implantation en Afghanistan actuel est antérieure à l'islam.

Le deuxième scandale iconoclaste causé par les islamistes est celui touchant à la destruction de nombreux mausolées de mystiques soufis en Somalie, par les islamistes Shebabs, alliés d'Al Qaïda, en 2010-11. Ces constructions, non classées, sont mal connues.

Comme à Tombouctou - troisième scandale - il s'agit de monuments musulmans. S'ils ont été détruits par les islamistes c'est qu'ils relèvent d'une version modérée et populaire de l'islam tel qu'il est le plus souvent pratiqué en Afrique. Par modestie envers Dieu, les croyants prient sur les tombes de musulmans qui ont été révérés comme "saints", afin de leur demander d'intercéder auprès de Dieu en leur faveur. Les intégristes se réfèrent à la principale sourate du Coran, "Il n'est de Dieu que Dieu"; aucune autre entité ne peut donc recevoir les prières de croyants. Ils considèrent en conséquence comme idolâtrie hérétique les cultes rendus par les musulmans africains à des intercesseurs.