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"La douleur n'est pas le droit": l'avocat du cardinal Barbarin, jugé avec cinq anciens membres du diocèse de Lyon pour ne pas avoir dénoncé un prêtre pédophile, a plaidé jeudi que la souffrance des victimes ne faisait pas de l'archevêque un coupable.

Qualifiant de "bouleversants" les témoignages des anciens scouts sur les abus du père Bernard Preynat devant le tribunal correctionnel de Lyon, Me Jean-Félix Luciani a affirmé qu'ils ne justifiaient pas, à eux-seuls, les poursuites.

"Jusqu'où vous demande-t-on d'aller ?", a-t-il demandé aux juges. "En quoi l'émotion est-elle un titre de droit à elle seule ? (...) La douleur n'est pas le droit à elle seule, elle ne crée pas le droit", a martelé l'avocat.

Comme les autres en défense, il voit dans ce procès une instrumentalisation de la justice pour attaquer l'Eglise. "Le cardinal Barbarin est-il poursuivi pour lui-même ou comme incarnation d'une institution ?", a lancé Me Luciani, fustigeant "une procédure de trop", après le classement sans suite de l'affaire par le parquet en 2016.

En citant directement les mis en cause devant le tribunal, les plaignants ont pu avoir un procès, mais "moi aussi, si je cite mon voisin de palier, je vais avoir un procès", a dénigré Me Luciani.

Pour lui, le primat des Gaules est exempt de tout reproche sur un plan pénal, même si dans le passé, Philippe Barbarin a pu reconnaître des "erreurs", et même demander pardon pour ses "fautes" lors d'une messe.

Preuve de leur "acharnement" contre le cardinal, l'avocat reproche aux plaignants de ne pas avoir poursuivi les proches auxquels ils ont pu se confier dans le passé, avant de se tourner vers le diocèse qu'ils accusent aujourd'hui.

"Les ecclésiastiques sont tenus à une dénonciation féroce mais alors les autres, non! On voit bien que ceux qu'on poursuit, c'est eux, pourquoi ? Parce qu'un prêtre a été un prêtre dévoyé à un moment, est-ce que pour autant ils en sont responsables à titre individuel ?", a encore plaidé Me Luciani.