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Coïncidence. C'est ce mercredi que les autorités de l'aéroport de Bruxelles-National devaient inaugurer leur tout nouveau centre de coordination destiné aux situations d'urgence. C'est donc dans des locaux qui sentaient encore la peinture, ou quasi, qu'une cellule de crise regroupant une quinzaine de personnes émanant de Belgocontrol (contrôleurs aériens), de la Biac (gestionnaire de l'aéroport), de la police fédérale et des autres services de sécurité s'est réunie mardi.

Vers 18 h 00, plusieurs mesures propres à l'espace aérien belges ont été prises. Il a été ainsi décidé d'interdire jusqu'à nouvel ordre tous les survols de la ville de Bruxelles.

Au décollage, les pilotes sont ainsi invités à prendre l'itinéraire de nuit, appelé le «tour du grand Brabant». Juste après avoir quitté le tarmac de la piste, les avions doivent donc immédiatement virer à droite pour éviter l'agglomération, imposant ainsi à certains vols d'opérer une grande boucle pour retrouver le bon cap. Tous les vols de la nuit (essentiellement ceux de la compagnie de courrier express DHL) ont été maintenus, hormis ceux bien évidemment à destination des Etats-Unis. Aucune date d'expiration de cette mesure contraignante pour les pilotes n'a été déterminée. Une nouvelle réunion de crise sera donc nécessaire pour les lever.

CONTRÔLE RENFORCÉ DES BAGAGES

Les mesures de sécurité ne concernent pas que les professionnels de l'aviation. Dans l'aéroport même, il a en effet été demandé à la Biac de renforcer toutes les mesures de contrôle des bagages et des passagers. Il faut donc s'attendre, dans les jours qui viennent, à des opérations de screening et des fouilles plus systématiques, et ce pour toutes les destinations. Mieux vaut donc ne pas arriver trop tard à l'aéroport si l'on a un avion à prendre dans les jours prochains.

Les contrôleurs aériens belges, à l'instar de leurs collègues de la planète entière, ont quant à eux dû prendre en charge les avions qui avaient décollé à destination de l'Amérique du Nord avant qu'ils n'apprennent que l'espace aérien américain soit totalement fermé. Douze vols étaient dans ce cas. Huit d'entre eux étaient trop avancés dans l'Atlantique pour leur imposer un retour sur le vieux continent. Les hommes de Belgocontrol les ont donc dirigés vers des aéroports canadiens. Six d'entre eux ont ainsi atterri à Gander sur l'île de Terre-Neuve, un a été prié de se poser à Halifax, en Nouvelle-Ecosse et le dernier a rejoint l'aéroport de St-John's, à la pointe Est de Terre-Neuve.

Les quatre autres, moins avancés, ont été priés quant à eux de faire demi-tour et de regagner Bruxelles. Ce fut le cas pour les vols de la Sabena à destination de Montréal et de Boston, ainsi que d'un appareil d'United Airlines qui se dirigeait vers Washington et d'un autre d'American Airlines vers Chicago. Ils ne pourront reprendre leur vol que lorsque les Etats rouvriront leur espace aérien, peut-être mercredi midi, heure américaine.

© La Libre Belgique 2001