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Auteur présumé de l’attentat qui a fait deux morts et une dizaine de blessés mardi soir au marché de Noël de Strasbourg, Chérif Chekatt est recherché partout en France, qui a été placée par les autorités en « urgence attentat ».

L’homme est né en février 1989 à Strasbourg, de parents d’origine marocaine, était sans emploi et vivait rue Tite Live dans la capitale alsacienne.

Chérif Chekatt a un lourd passé judiciaire. Il a été condamné ving-sept fois en France, en Suisse et en Allemagne selon les autorités françaises, notamment pour violences et cambriolages, et devait être arrêté mardi matin pour un vol à main armée et une tentative d’homicide cette année. Mais les policiers ne l’avaient pas trouvé à son domicile strasbourgeois.

Une grenade défensive, un fusil et quatre couteaux, dont deux de chasse, ont été retrouvés à son domicile, a relevé le Procureur de la République de Paris, Rémy Heitz lors d’une conférence de presse. Ce dernier affirme que des témoins l’ont entendu crier « Allah Akbar » lors de la fusillade.

L’homme est fiché S et a le profil d’un gangster radicalisé, sans doute en prison. Il a été incarcéré à de multiples reprises. La direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) l’avait remarqué lors d'un passage en prison de 2013 à 2015 où il s'était fait épingler pour des violences et son prosélytisme religieux. Il était suivi de "manière assez sérieuse" depuis sa sortie de prison fin 2015, a expliqué le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez sur France Inter mercredi matin. En prison, « il incitait à la pratique de la religion sous une forme radicale, mais rien ne permettait de détecter un passage à l'acte dans sa vie courante".

Après avoir tiré sur les passants mardi soir, le suspect a « semé la terreur (...) sur trois points de la ville», selon les mots du ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner qui s'est exprimé dans la nuit depuis Strasbourg. «Les militaires de la force Sentinelle ont fait usage de leurs armes pour tenter d'intercepter l'assaillant. Entre 20h20 et 21 heures il s'est confronté par deux fois à nos forces de sécurité avec systématiquement des échanges de tirs», a-t-il développé.

L'assaillant a pris la fuite dans un taxi dont il a braqué le chauffeur et pourrait déjà avoir fui dans l’Allemagne toute proche.

Selon l'OCAM qui coordonne l'analyse de la menace en Belgique, l'assaillant présumé n'est pas connu des services de sécurité belges.

Actuellement, Chérif C. est toujours activement recherché. Quelque 350 personnes, dont 100 membres de la police judiciaire, des militaires et deux hélicoptères, sont aux trousses de l'assaillant, a indiqué le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lors d'une déclaration depuis la préfecture du Bas-Rhin à Strasbourg, où il a été dépêché par le président Emmanuel Macron.


Une enquête a été ouverte pour "assassinats, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Quatre de ses proches ont été interpellés pendant la nuit de mardi à mercredi et sont en garde à vue.