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Les groupes CD&V de la Chambre et du Sénat ont critiqué vendredi les déclarations faites à plusieurs reprises par le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, sur les dirigeants congolais et la situation en République démocratique du Congo (RDC).

«Le fait que le Congo rappelle son ambassadeur (à Bruxelles, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga) «est pour le moins une escalade diplomatique qui montre que la Belgique laisse filer son attitude impartiale et met fortement en péril notre autorité de médiateurs dans le processus de paix et de transition » en RDC, affirment les deux chefs de groupe, le député Pieter De Crem et la sénatrice Sabine de Bethune dans un communiqué conjoint.

Selon eux, M. De Gucht (VLD) n'a pas réussi à se faire une image claire de la situation au Congo et risque ainsi de remettre en cause le processus de pacification du pays.

«Il (le ministre) a apparemment oublié que la direction congolaise actuelle -un président et quatre vice-présidents- résulte d'une construction imposée par la communauté internationale et dans laquelle la Belgique a joué un rôle très actif. Notre pays bouleverse maintenant cet accord de sa propre initiative et sans coordination internationale », affirment les deux parlementaires sociaux-chrétiens flamands M. De Crem et Mme Bethune soupçonnent M. De Gucht d'avoir «un agenda caché » et qualifient d' «irresponsable » le fait que le ministre mette en péril le processus de transition en RDC alors qu'il affirme lui-même «qu'il n'y a pas d'alternative ».

«Il est étonnant qu'il plaide pour une approche davantage concertée au niveau international mais qu'il lance simultanément et sans concertation avec les autres partenaires de l'Union européenne une nouvelle piste dont il sait très bien qu'elle ne peut être soutenue internationalement », ajoutent les responsables CD&V.

Selon eux, les recommandations formulées en juin par le Sénat et adressées au gouvernement doivent constituer la base de la politique africaine de la Belgique. Il s'agit, selon eux, «d'un engagement positif et critique, cadré dans une responsabilité partagée, tant de la population sur place que de la communauté internationale ».