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Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a reconnu jeudi que des "doutes sérieux" pesaient sur le résultat de l'élection présidentielle du 30 décembre en République démocratique du Congo (RDC). "Pour parler franchement, de sérieux doutes sur la conformité des résultats proclamés persistent", a déclaré M. Faki dans un discours préliminaire à une réunion de chefs d'État de l'Union africaine (UA) à Addis Abeba, en Ethiopie.

Cette réunion convoquée par le président rwandais Paul Kagame, président en exercice de l'UA, au siège de l'organisation, rassemblait les chefs d'État d'Afrique du Sud, de Zambie, de Namibie, d'Ouganda, du Rwanda, du Congo, de Guinée, d'Éthiopie et du Tchad.

"Même si jusqu'ici la situation sur le terrain reste fort heureusement globalement calme, il n'en reste pas moins qu'elle demeure hautement préoccupante", a ajouté M. Faki dans ce discours. Aucune communication n'était attendue à l'issue de cette rencontre.

Avant cette réunion, les chefs d'État et de gouvernement de six pays de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) s'était également retrouvés dans la capitale éthiopienne.

La SADC s'est contentée d'appeler, dans un communiqué, les acteurs politiques congolais "à obtenir des réponses à leurs doléances électorales dans le respect de la Constitution (congolaise) et des lois électorales concernées" et a omis de parler de recomptage.

La commission électorale congolaise (Céni) a proclamé Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle avec 38,57% des voix, contre 34,8% pour l'autre opposant Martin Fayulu.

M. Fayulu a dénoncé un "putsch électoral" du président sortant, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, avec la "complicité" de M. Tshisekedi, et a déposé un recours devant la Cour constitutionnelle.

Les estimations de M. Fayulu, de l'influente Église catholique et de quelques médias internationaux à partir de documents qui auraient fuité de la Céni le donnent tous vainqueur avec environ 60% des voix.