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Depuis des mois, les dirigeants des institutions de l’Union européenne et de ses Etats membres regardaient ailleurs lorsqu’était évoqué le problème catalan. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont d’ailleurs fait complètement l’impasse sur ce sujet, lors du sommet informel de Tallinn, en Estonie, jeudi et vendredi dernier. Ligne officielle : "C’est une affaire interne à l’Espagne." . Circulez, y a rien à voir. Réponse off the record, recueillie à plusieurs sources : "Tout le monde est embarrassé."L’embarras n’est que plus grand aujourd’hui, après la profusion d’images de la police espagnole usant sans ménagement de la force contre les Catalans qui voulaient voter au référendum, anticonstitutionnel, d’indépendance.

Rares ont été les réactions des capitales, dimanche. Charles Michel a été l’un des premiers à déclarer que "la violence ne peut jamais être une réponse", appelant au dialogue entre les deux parties - la présence de la N-VA, qui soutient la cause catalane, au sein du gouvernement belge n’est évidemment pas étrangère à la sortie du Premier ministre. Son homologue slovène Miro Cera s’est dit "préoccupé par la situation". Le chef de la diplomatie lituanienne, Linas Linkevicius a tweeté : "[…] le dialogue avec son propre peuple est une obligation pour l’Espagne. La violence ne sert à rien." Dans les rangs du Parlement européen, le libéral Guy Verhofstadt a critiqué la tenue du référendum, mais également "l’usage disproportionné de la force". Le groupe des socialistes et démocrates a insisté sur le fait que "la réponse devait être politique, et non policière". Et c’est à peu près tout. Pas un mot de Paris, de Berlin, de Rome… ni du Parlement européen, ni du président du Conseil européen, ni de la Commission.

La Commission marche sur des œufs

Ce n’est que lundi midi que cette dernière a publié une déclaration "relative aux événements en Catalogne". La première ligne rappelle que le référendum catalan n’est pas légal; le second paragraphe que c’est "une affaire interne à l’Espagne, qui doit être réglé dans le respect de l’ordre constitutionnel de ce pays". Le troisième paragraphe doit être lu comme un avertissement adressé à Barcelone, puisqu’il rappelle que dans le cas d’un référendum conforme avec la Constitution espagnole, le territoire sécessionniste "se retrouverait en dehors de l’Union".