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La candidate d'Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle avait affirmé le 10 avril sur RMC/BFM-TV que la candidate du Front national était "l'héritière de son père milliardaire par un détournement de succession". La procédure étant accélérée par la proximité du premier tour de l'élection présidentielle, le jugement sera rendu jeudi.

Eva Joly, lunettes vertes et veste blanche, s'est présentée au tribunal "par respect pour l'institution" où elle a officié comme magistrate et pour "ne pas fuir ses responsabilités". La candidate a dit à la barre qu'elle avait "rappelé d'où venait la fortune de la famille Le Pen". "Elle se prétend la candidate des pauvres et des petits commerçants et elle vit dans un château", a poursuivi l'ancienne juge d'instruction, qui avait prononcé ces propos quelques heures avant un déplacement à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

Les réquisitions de la procureure de la 16e chambre correctionnelle, Diane N'Gomsik, ont été brèves. Selon elle, les propos d'Eva Joly sont à "l'encontre de M. Le Pen et pas de Mme Le Pen". "Vous ne pouvez donc que relaxer Eva Joly, car Mme Le Pen n'est pas visée", a-t-elle requis. Me William Bourdon, le conseil d'Eva Joly, a estimé qu'il "fallait débouter brutalement la partie civile". "On ne peut pas faire de diffamation par ricochets. Pourquoi il n'est pas là, Jean-Marie Le Pen?", s'est-il demandé. "Le véritable diffamé, c'est lui. Mais il n'est pas candidat à ce jour", a ironisé l'avocat.

En l'absence de Marine Le Pen, son avocat, Me Wallerand de Saint-Just, avait affirmé qu'Eva Joly "ne devait pas proférer de telles accusations après avoir été 30 ans magistrate". "Elle se veut le chantre de l'anticorruption alors qu'elle se fait le chantre de la diffamation", a-t-il plaidé.