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Le président iranien Hassan Rohani a assuré mardi à la tribune de l'ONU que son pays ne représentait "absolument pas une menace pour le monde", appelant Barack Obama à ignorer les va-t-en-guerre et à privilégier la négociation.

 "Si (les Etats-Unis) évitent de suivre les intérêts à court terme des groupes de pression pro-guerre, nous pouvons trouver un cadre dans lequel gérer nos différences", a-t-il déclaré lors de son discours devant l'assemblée générale de l'ONU, quelques heures après celui de son homologue américain. "La république islamique d'Iran agira de manière responsable concernant la sécurité régionale et internationale", a poursuivi M. Rohani, qui a dénoncé avec virulence les sanctions dont son pays fait l'objet. 

L'Iran "est prêt à coopérer (...) de manière bilatérale et multilatérale avec d'autres acteurs responsables", a poursuivi le nouveau président iranien, réaffirmant que son pays n'avait pas l'intention de se doter de l'arme nucléaire. "Nous défendons la paix basée sur la démocratie et le bulletin de vote partout dans le monde, y compris en Syrie et au Bahreïn et dans d'autres pays de la région", a-t-il poursuivi. "Il n'y a pas de solutions violentes aux crises du monde".


Hollande et Rohani main dans la main

Du jamais vu depuis 2005: deux présidents français et iranien, François Hollande et Hassan Rohani, se sont serré la main mardi, avant d'évoquer aux Nations unies le programme nucléaire iranien ou la situation en Syrie et au Liban.

Sans effusions, arborant l'un comme l'autre des sourires de circonstance, les deux chefs d'Etat, flanqués des drapeaux iranien, français et européen, ont échangé deux poignées de main "techniques", le temps de laisser oeuvrer la dizaine de photographes et de cameramen choisis par les deux délégations.

François Hollande a également adressé quelques mots de bienvenue au président iranien qui arborait sa tenue traditionnelle, turban blanc et cape noire.

Puis ils se sont engouffrés dans le bureau de la délégation française, au siège des Nations unies. Avec le Royaume-Uni, la France est le seul pays à avoir le privilège de posséder un tel bureau, dans le saint des saints de l'organisation mondiale, sa célèbre tour des rives de l'East River.

Sous bonne garde, les deux dirigeants et leurs ministres des Affaires étrangères Laurent Fabius et Mohammad Javad Zarif ont pris place autour d'une table de verre rectangulaire dans le bureau avec sa vue spectaculaire.

François Hollande sera le seul dirigeant occidental de premier plan à avoir rencontré le nouveau dirigeant iranien lors de cette 68e assemblée générale des Nations unies. L'hypothèse d'un possible entretien avec le président américain Barack Obama a été évoquée un temps mais a finalement été écartée.

Huit ans plus tôt, la précédente rencontre entre deux chefs d'Etat français et iranien avait réuni Jacques Chirac et le réformateur Mohammad Khatami à Paris, en marge d'une manifestation de l'UNESCO.


Rencontre entre Obama et Rohani: encore raté!


Barack Obama et Hassan Rohani ne se verront pas à New York, malgré la main tendue du président américain à son nouvel homologue iranien, au moment où une percée diplomatique semble envisageable dans le dossier nucléaire de la république islamique.

Le dirigeant iranien s'est en revanche entretenu avec le président français François Hollande, une première à ce niveau entre leurs deux pays depuis 2005.

MM. Obama et Rohani se trouvaient tous les deux mardi à New York à l'occasion de l'assemblée générale de l'ONU, et les récentes déclarations de responsables des deux pays, ainsi que l'annonce par M. Obama de sa volonté de donner une chance à la diplomatie, semblaient rendre une telle rencontre possible.

Selon un responsable de la Maison Blanche s'exprimant sous couvert de l'anonymat, "nous avons dit publiquement, et également en privé aux Iraniens, que nous étions ouverts à l'idée de discussions en marge de l'assemblée générale de l'ONU, des discussions informelles et non une rencontre bilatérale. Cela s'est avéré trop compliqué à réaliser à l'heure actuelle pour les Iraniens".

La partie iranienne n'a pas réagi dans l'immédiat à ce développement, qui est intervenu quelques heures après que M. Obama, à la tribune de l'ONU, se fut engagé à tenter de résoudre la crise nucléaire iranienne par la voie diplomatique, prenant note du changement de ton de M. Rohani mais réclamant des "actes transparents et vérifiables".

Le président des Etats-Unis a estimé que M. Rohani, récemment investi, avait reçu un "mandat pour suivre un chemin plus modéré" que son prédécesseur ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

M. Rohani, qui était attendu devant les délégués en fin d'après-midi, a adopté un ton conciliant envers l'Occident et appelé au dialogue pour résoudre les contentieux.

Les Etats-Unis et leurs alliés soupçonnent le programme nucléaire iranien d'avoir des visées militaires, ce que Téhéran dément. Mardi, une nouvelle fois, M. Obama a prévenu que son pays était déterminé à empêcher l'Iran de développer une arme atomique.

Alors qu'une réunion est prévue jeudi à New York sur ce dossier entre le nouveau ministre des Affaires étrangères iranien et ses homologues des grandes puissances, M. Obama a reconnu que "les blocages pourraient s'avérer trop difficiles à surmonter". "Mais je suis convaincu qu'il faut essayer la voie diplomatique", a-t-il aussitôt ajouté.

En cas de succès, il a laissé entrevoir "une relation différente, fondée sur les intérêts et le respect mutuels" entre les Etats-Unis et l'Iran, qui n'ont plus de liens diplomatiques depuis un tiers de siècle. Mais "les mots conciliants devront être accompagnés d'actes transparents et vérifiables".

Le président français a également réclamé à l'ONU des "gestes concrets" de la part de l'Iran et appelé de ses voeux un dialogue "direct et franc", avant de rencontrer M. Rohani en tête-à-tête.

Cette réunion a duré une quarantaine de minutes. M. Hollande a pris congé de son hôte en évoquant "un premier contact qui en appelle d'autres", tandis que M. Rohani a souhaité "un meilleur avenir" pour la relation entre les deux pays.

De source proche de M. Hollande, ce dernier "a dit qu'il avait noté les paroles d'ouverture (de son homologue), qu'il attendait que les choses soient traduites maintenant dans les faits".

"Nous avons une occasion historique pour régler la question nucléaire", mais les interlocuteurs de l'Iran "doivent ajuster leur attitude pour mieux correspondre à la nouvelle approche iranienne", a écrit de son côté mardi le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, sur son compte Twitter.

Au moment où parlait M. Obama, entre 1.000 et 1.500 personnes, notamment des membres des Moudjahidine du peuple (opposition en exil), se sont rassemblées devant le siège de l'ONU pour protester contre d'éventuelles négociations américano-iraniennes. "Rohani, modéré meurtrier", pouvait-on lire sur des pancartes.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, en ouvrant la 68e assemblée générale de l'organisation, a appelé "tous les pays" à cesser d'alimenter "l'effusion de sang" en Syrie et à mettre fin à la livraison d'armes à toutes les parties. Il a aussi lancé un appel à l'aide pour faire face à la situation chaotique en Centrafrique, affirmant que les contributions avaient jusqu'ici été "désespérément insuffisantes".

M. Hollande a également lancé un "cri d'alarme" au sujet de la situation dans ce pays, demandant que le Conseil de sécurité des Nations unies donne un mandat et "accorde un soutien logistique et financier" à la force panafricaine sur place pour "rétablir l'ordre".

Dans un discours essentiellement consacré au Moyen-Orient, M. Obama est aussi revenu sur le dossier syrien, en réclamant une résolution "ferme" du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'élimination des armes chimiques dans ce pays, avec des "conséquences" pour le régime de Bachar al-Assad s'il ne tenait pas parole.

Juste avant l'intervention de M. Obama, son homologue brésilienne Dilma Rousseff a consacré une grande partie de son intervention à dénoncer --avec virulence-- le programme américain de surveillance des communications, martelant qu'il était "intenable" et violait le droit international.


Obama demande des actes à l'Iran

Barack Obama a accepté mardi d'essayer de résoudre la crise nucléaire iranienne par la voie diplomatique, prenant note du changement de ton de son nouvel homologue Hassan Rohani mais réclamant des "actes transparents et vérifiables".

A la tribune de l'assemblée générale des Nations unies, qui a débuté mardi matin à New York, le président des Etats-Unis a estimé que M. Rohani, récemment investi, avait reçu un "mandat pour suivre un chemin plus modéré" que son prédécesseur ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

M. Rohani, qui était attendu devant les délégués en fin d'après-midi, a adopté un ton conciliant envers l'Occident et appelé au dialogue pour résoudre les contentieux dont le plus brûlant réside dans le dossier nucléaire.

Les Etats-Unis et leurs alliés soupçonnent le programme nucléaire iranien d'avoir des visées militaires, ce que Téhéran dément. Mardi, une nouvelle fois, M. Obama a prévenu que son pays était déterminé à empêcher Téhéran de développer une arme atomique.

Alors qu'une réunion est prévue jeudi à New York sur ce dossier entre le nouveau ministre des Affaires étrangères iranien et ses homologues des grandes puissances, M. Obama a reconnu que "les blocages pourraient s'avérer trop difficiles à surmonter". "Mais je suis convaincu qu'il faut essayer la voie diplomatique", a-t-il aussitôt ajouté.

En cas de succès, il a laissé entrevoir "une relation différente, fondée sur les intérêts et le respect mutuels" entre les Etats-Unis et l'Iran, qui n'ont plus de liens diplomatiques depuis un tiers de siècle. Mais "les mots conciliants devront être accompagnés d'actes transparents et vérifiables", a-t-il aussi mis en garde.

Le président français François Hollande, également attendu à la tribune mardi, a prévu de s'entretenir avec son nouvel homologue iranien. Le rendez-vous est très attendu tant les contacts à ce niveau entre l'Iran et l'Occident sont rares depuis la révolution islamique de 1979.

"Nous avons une occasion historique pour régler la question nucléaire", mais les interlocuteurs de l'Iran doivent ajuster leur attitude pour mieux correspondre à la nouvelle approche iranienne", a écrit mardi le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, sur son compte Twitter.

Lundi, la Maison Blanche n'a en outre pas exclu une entrevue historique entre MM. Obama et Rohani, en prenant toutefois soin de préciser qu'elle n'était pas programmée. Si M. Rohani lui-même a dernièrement jugé possible de voir son homologue américain, la porte-parole de la diplomatie iranienne a expliqué mardi à Téhéran qu'une telle rencontre n'était "pas à l'ordre du jour".

Les deux dirigeants pourraient se retrouver dans la même salle mardi midi, parmi des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement, lors d'un déjeuner organisé sous les auspices du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Ce dernier, en ouvrant la 68e assemblée générale de l'organisation, a appelé "tous les pays" à cesser d'alimenter "l'effusion de sang" en Syrie et à mettre fin à la fourniture d'armes à toutes les parties. Il a aussi lancé un appel à l'aide pour faire face à la situation chaotique en Centrafrique, affirmant que les contributions avaient jusqu'ici été "désespérément insuffisantes".

Dans un discours essentiellement consacré au Moyen-Orient, M. Obama est aussi revenu sur le dossier syrien, en réclamant une résolution "ferme" du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'élimination des armes chimiques dans ce pays, avec des "conséquences" pour le régime de Bachar al-Assad s'il ne tient pas parole.

Lundi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé possible qu'une résolution de l'ONU encadrant ce désarmement aboutisse dès cette semaine, malgré de fortes objections de Moscou. M. Kerry devait d'ailleurs rencontrer mardi son homologue russe Sergueï Lavrov à New York pour évoquer ce dossier.

Juste avant l'intervention de M. Obama, son homologue brésilienne Dilma Rousseff a consacré une grande partie de son intervention à dénoncer - avec virulence - le programme américain de surveillance des communications, affirmant qu'il était "intenable" et violait le droit international.

Mme Rousseff a récemment reporté une visite d'Etat à Washington pour protester contre les opérations de l'agence de renseignement NSA.

M. Obama a pris acte dans son propre discours de ce dossier qui a mis son administration sur la défensive, en assurant que les Etats-Unis avaient "commencé à revoir la manière dont (ils recueillent) des renseignements de façon à trouver un équilibre entre les préoccupations légitimes de sécurité de nos citoyens et alliés et les inquiétudes sur le droit à la vie privée".


Hollande veut des "gestes concrets" aussi

Le président français François Hollande a réclamé mardi à l'ONU des "gestes concrets" de la part de l'Iran sur le dossier nucléaire, appelant de ses voeux un dialogue "direct et franc".

"Ce que la France attend de l'Iran, ce sont des gestes concrets qui témoignent que ce pays renonce à son programme nucléaire militaire même s'il a le droit a un programme civil", a déclaré M. Hollande à la tribune de l'assemblée générale de l'ONU.

Le président français devait dans l'après-midi rencontrer le président iranien Hassan Rohani au siège des Nations unies, une rencontre inédite à ce niveau depuis 2005, quand Jacques Chirac s'était entretenu à Paris avec le réformateur Mohammad Khatami.

M. Hollande a voulu voir une "lueur" dans les récentes déclarations, plus conciliantes, du nouveau président iranien.

"Elles marquent une évolution", a-t-il estimé. "Ses mots doivent maintenant se traduire dans des actes. Dans le dossier nucléaire, les discussions piétinent depuis dix ans", a-t-il rappelé.


L'Iran croit à un accord historique!

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a affirmé mardi que les grandes puissances et l'Iran avaient une "occasion historique pour régler la question nucléaire" iranienne.

"Nous avons une occasion historique pour régler la question nucléaire", mais les pays du groupe "5+1 doivent ajuster leur attitude pour mieux correspondre à la nouvelle approche iranienne", a écrit sur son compte Twitter M. Zarif, qui doit rencontrer jeudi à New York ses homologues du 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).