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18 millions de téléspectateurs ont suivi le duel télévisé d’hier soir qui a laissé une bonne impression aux candidats. À trois jours du second tour pour lequel il faudra convaincre plus de 45 millions d’électeurs, ces derniers restent plus que jamais en campagne.

"Il a beaucoup d'agressivité en lui"

"Le débat a été assez républicain", a reconnu Nicolas Sarkozy. "Je pense qu'il y aura un vote très important pour le second tour" de l'élection présidentielle, dimanche.

Se félicitant de "l'audience très importante" pour le débat de mercredi soir, M. Sarkozy a affirmé: "bien fou celui qui peut dire qu'un débat qui se déroule devant peut-être plus de 20 millions de téléspectateurs n'a aucune importance".

"Jamais, je pense, une élection n'aura été aussi indécise", a-t-il également affirmé. "J'ai toujours pensé que ça se jouerait dans un mouchoir de poche", a-t-il ajouté. "Je pense qu'on peut gagner. Je pense qu'on va gagner", a toutefois ajouté M. Sarkozy, "mais si les Français en décidaient autrement, à ce moment, ça signifierait une autre vie".

Le président-candidat a également confié avoir eu du "plaisir" à débattre avec M. Hollande. Ce débat a été "respectueux" et "n'a pas abaissé la vie politique. Nous ne nous sommes pas fait de concessions excessives", a-t-il dit, regrettant toutefois que n'aient pas été abordées les questions comme celles de la santé, le logement, la politique internationale ou la culture.

Selon lui, cela justifierait qu'il puisse y avoir "deux ou trois débats", comme il l'avait proposé mais dont "M. Hollande n'a pas voulu", a-t-il de nouveau regretté.

Nicolas Sarkozy a également qualifié François Hollande d'"homme habile mais qui a du mal à assumer une position et à s'y tenir. Je le connais très bien, je sais très bien qu'il a beaucoup d'agressivité en lui, qu'il est socialiste, qu'il a la certitude que la légitimité, c'est la gauche et toute personne qui n'est pas à gauche est suspecte. Ce n'est pas moi qui l'ai appelé Flamby, c'est son camarade Laurent Fabius", a-t-il ajouté.

"C'est un professionnel de la politique, je ne pensais pas qu'il était juste gentil et sympathique", a-t-il également affirmé, à propos de son rival socialiste.

"C'est sur mes propositions que le débat a tourné"

"Je pensais que ce serait âpre et cela l'a été (...) car Nicolas Sarkozy voulait être pugnace (…), a jugé de son côté François Hollande sur la chaîne France 2. Il a également regretté les outrances verbales et les calomnies de son adversaire, "c’est toujours une position de faiblesse que de donner à un moment une outrance verbale".

Les deux hommes repartaient immédiatement en campagne, pour le tout dernier sprint avant le scrutin de dimanche. Après les interviews à la radio et à la télévision, Nicolas Sarkozy devait tenir meeting dans l'après-midi à Toulon (sud-est), François Hollande à Toulouse (sud-ouest).