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Un coup de folie. D’un genre qui ne laisse personne indifférent et embarrasse considérablement l’administration du Parlement européen. Une de ses employées a envoyé, le 1er août, aux 6000 personnes que compte l’institution, une missive vulgaire et sans détour accusant - entre autres - le secrétaire général Klaus Welle, un démocrate-chrétien allemand, d’avoir accordé des promotions canapé. "Ces femmes ont des postes intéressants alors que quand on passe un concours, on reste bloqué." Aussi, "j’ai pris la décision de démissionner", écrit "Mari-No", tout juste rentrée d’un congé maladie de plus de trois mois et réhospitalisée depuis.

Dès qu’elles se sont aperçues de la "bombe", les autorités du Parlement ont rappelé des informaticiens, en pleine trêve estivale, afin de retirer de toutes les boîtes des destinataires le "courriel calomnieux" - une procédure exceptionnelle, alimentant finalement d’autant plus les fantasmes.

"L’utilisation abusive d’une boîte aux lettres de service pour l’envoi d’un message portant atteinte à la dignité de plusieurs collègues a amené les services compétents de l’institution à supprimer ce courriel de la messagerie du Parlement européen", explique le directeur général du personnel, Yves Quitin, dans le mail qu’il a adressé à tous. "Cette décision a été prise dans l’intérêt de l’institution, des personnes citées et de l’auteur du courriel, absentes du bureau depuis plusieurs semaines. Comptant sur votre compréhension et votre sens des responsabilités, je vous invite à faire preuve de la retenue nécessaire." Quelques jours plus tard, France Info et RFI dévoilaient l’information.

Le Parlement ne souhaite pas commenter cette affaire "très pénible", mais deux questions au moins se posent. L’une ou l’autre des femmes pointées par la lettre accusatrice aurait-elle été titularisée irrégulièrement, oui ou non ? Le Parlement fait-il travailler des contractuels pendant plus de trois ans, ce qui est interdit ? "Personne ne travaille hors des règles", assure, en réponse, le service de presse de l’institution. Mais il est possible de rester plusieurs années au Caprice des Dieux en jouant avec les différents statuts, passant d’un poste de contractuel (trois ans) à celui d’agent temporaire (six ans maximum) par exemple. A cela s’ajoute le fait que les perspectives de carrière et les promotions peuvent se révéler plus encourageantes lorsqu’on travaille pour un groupe politique que quand on œuvre, après avoir passé un concours, au sein de l’administration proprement dite. Et cela crée, si pas des coups de folie tous les jours, à tout le moins des tensions et de l’incompréhension.