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Les relations passées de la fiancée d’un des princes des Pays-Bas avec un baron du trafic de drogue ont plongé la famille royale néerlandaise dans la tourmente et forcé le prince Johan Friso, deuxième dans la ligne de succession, à renoncer à son droit au trône.

Le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende a annoncé vendredi que son gouvernement ne demanderait pas l’approbation du Parlement pour le mariage entre Johan Friso et sa fiancée Mabel Wisse Smit, prévu en avril 2004.

Cette décision signifie que le prince, deuxième dans la ligne de succession derrière son frère Willem Alexander et avant la naissance du fils de ce dernier, renonce à ses droits à la couronne pour pouvoir épouser Mabel Wisse Smit.

«Les informations qui nous ont été données sur le passé de Mabel Wisse Smit étaient erronées et incomplètes, notamment en ce qui concerne ses relations avec Klaas Bruinsma », l’un des barons du trafic de drogue dans les années 1980 aux Pays-Bas, a déclaré le Premier ministre.

Le mariage du prince Johan Friso avec Mabel Wisse Smit, une Néerlandaise de 35 ans issue de la bonne société semblait être l’union parfaite dont rêvait la monarchie des Pays-Bas.

Mabel Wisse Smit donnait l’image d’une femme bien introduite dans les milieux diplomatiques, notamment grâce à son poste de directrice d’une des branches de la Fondation Soros (Open Society Institute).

Son arrivée permettait également de mettre fin aux rumeurs persistantes sur l’homosexualité du prince Johan Friso, qui avait dû être démentie par voie officielle, une première dans l’histoire de la monarchie.

Après les mois de débat houleux ayant précédé le mariage du prince héritier Willem Alexander avec Maxima Zorreguieta, la fille d’un ancien ministre de la dictature militaire argentine, la famille d’Orange se préparait donc à une union sans histoire.

La relation qu’avait entretenue Mabel Wisse Smit avec l’ancien ambassadeur de Bosnie-Herzégovine auprès des Nations unies, Mohammed Sacirbey, un homme marié et aujourd’hui accusé du détournement de 2,5 millions de dollars, n’avait pas suscité de grande polémique.

Révélés par la presse il y a un peu plus d’une semaine, ses liens avec Klaas Bruinsma, un ancien baron du trafic de drogue dans les années 1980, ont fait éclater le scandale.

Surnommé le «prêcheur » et réputé pour sa brutalité, Klaas Bruinsma était une des figures du milieu criminel d’Amsterdam avant sa liquidation en 1991.

Dans un premier temps, Mabel Wisse Smit a affirmé ne le connaître que «vaguement » par le milieu de la voile.

Le témoignage d’un ancien garde du corps du criminel, interrogé par une des chaînes de télévision néerlandaise, et accusant Mabel Wisse Smit d’avoir eu une relation amoureuse avec Klaas Bruinsma a relancé la polémique.

Face à un flot de révélations, Mabel Wisse Smit a admis avoir rencontré à plusieurs reprises Klaas Bruinsma et avoir passé plusieurs nuits sur son voilier tout en démentant une quelconque relation amoureuse.

Ses tentatives pour «cacher » son amitié avec Klaas Bruinsma auront été fatales et ont poussé le gouvernement à exiger un choix de la part du prince: son droit au trône ou son mariage.

Dans une lettre, Johan Friso a indiqué qu’il comptait toujours se marier avec Mabel Wisse Smit en avril 2004. Le couple a présenté ses excuses au gouvernement.

«C’est une situation pénible », a reconnu M. Balkenende tout en refusant de parler de crise de la monarchie.