International

Un ministre a rejoint mercredi les voix officielles israéliennes qui accusent l'Europe de laxisme face au terrorisme, en moquant le goût des Belges pour le chocolat, une fierté nationale, au lendemain des attentats de Bruxelles.

"Si en Belgique ils continuent à manger leur chocolat, à profiter de la vie, à se présenter comme de grands libéraux et démocrates et à ne pas prendre en compte qu'une partie des Musulmans qui sont là-bas organisent des actes terroristes, ils ne seront pas capables de se battre contre eux", a déclaré Israël Katz, le ministre des Transports et des Renseignements dans une interview à la radio publique israélienne.

M. Katz a aussi reproché au "président américain" et aux "dirigeants européens" de ne pas être prêts "à dire que la lutte est contre le terrorisme islamique". "Quand on ne définit pas son ennemi, on ne peux pas mener une guerre mondiale", a ajouté le ministre, un des principaux rivaux du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au sein du Likoud, le parti de droite au pouvoir.

M. Katz est un partisan d'une ligne dure face aux attaques palestiniennes actuelles et préconise notamment d'envoyer dans la bande de Gaza les familles des auteurs de ces attaques.

Lundi, le ministre des Sciences, de la Technologie et de l'Espace, Ofir Akounis, avait déploré que l'Europe avait préféré critiquer Israël plutôt que de lutter contre le danger posé par "des cellules terroristes islamiques" sur son sol.


"Je n'ai jamais ressenti la moindre naïveté", dit Valls réagissant à Michel Sapin

Les Premiers ministres belge et français, Charles Michel et Manuel Valls, ont annoncé mercredi que les deux pays allaient encore intensifier leur coopération dans la lutte conte le terrorisme, au lendemain des attentats qui ont frappé le métro de la capitale belge et l'aéroport de Bruxelles-National. Cette coopération s'applique tant aux enquêtes en cours qu'à la prévention d'actes terroristes futurs. A l'issue du moment de recueillement devant la station de métro Maelbeek, les deux chefs de gouvernement se sont entretenus brièvement au Lambermont, résidence de fonction du Premier ministre belge.

M. Valls a exprimé à son homologue la solidarité de la France à l'égard de la Belgique et sa sympathie à l'égard des victimes et de leurs proches. Dix ressortissants français ont d'ailleurs été blessés dans les attentats et quatre d'entre eux grièvement.

"Plus que jamais, la France et la Belgique sont unies dans la douleur et la détermination", a déclaré M. Michel, qui place la lutte contre le terrorisme dans une perspective européenne.

"Le destin de l'Europe, c'est la paix et la sécurité. Aujourd'hui, il est mis à mal. Il nous appartient aujourd'hui de faire face et d'être à la hauteur", a-t-il précisé.

M. Valls a tenu le même discours. "La réponse doit être européenne face au défi terroriste. C'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il lancé, en insistant notamment sur l'importance d'accélérer les travaux sur le "Passenger Name Record" (PNR).

Interrogé sur des déclarations du ministre des Finances Michel Sapin qui a reproché à la Belgique une forme de naïveté à l'égard du développement du communautarisme, le Premier ministre français a jugé que la Belgique avait agi avec une "très grande lucidité".

"Je n'ai jamais ressenti ni la moindre naïveté ni le moindre angélisme", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre français a salué tant les efforts fournis par le gouvernement belge actuel, exprimant au passage son "admiration" et son "amitié personnelle" pour M. Michel, que par son prédécesseur. Ministre de l'Intérieur avant d'accéder à Matignon, M. Valls avait d'ailleurs initié avec sa collègue de l'époque, Joëlle Milquet, des démarches en vue d'une prise de conscience européenne de l'enjeu du radicalisme.

M. Michel et M. Valls ont insisté sur les liens toujours plus étroits entre la Belgique et la France depuis qu'elles sont l'une et l'autre confrontées au terrorisme.

"Les très nombreuses manifestations d'émotion qui ont eu lieu en France montrent à quel point nos deux peuples sont solidaires. Nous sommes des peuples frères, cousins. Nous aimons nous titiller mais nos destins sont plus que jamais communs", a affirmé M. Valls.

Aux yeux du Premier ministre français, ces attentats démontrent à nouveau que l'époque a changé. "Il faut tourner la page de l'angélisme, d'une forme d'insouciance que nous avons connue".