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Le synode sur la famille a mis en évidence les changements qui traversent l'Église catholique, a souligné vendredi le cardinal Godfried Danneels, archevêque-émérite de Malines-Bruxelles, lors d'une conférence de presse à Rome. Perçue comme une institution "qui ne fait que parler et juger", l'Eglise a décidé d'écouter, a-t-il ajouté. Réunis à Rome depuis le 4 octobre, les 360 participants au synode, dont des évêques et cardinaux du monde entier, ont débattu de la place de la famille au sein de l'Église catholique et de ses nuances selon les continents. "Lors des derniers synodes, la voix de l'Europe dominait les débats mais, désormais, l'Afrique compte aussi", a observé le cardinal Danneels. "J'ai le sentiment que nous sommes passés du 'je' au 'nous'. L'Église n'est plus un bloc en béton, chaque pays a ses idées et on ne tait plus les désaccords comme c'était le cas par le passé. L'Église est un grand bateau qui prend lentement une autre direction. "

Durant trois semaines, les évêques et les cardinaux ont étudié le texte rédigé à la suite du synode extraordinaire de 2014. Sa version finale sera soumise au vote ce samedi. "Le texte mettra notamment l'accent sur le besoin d'améliorer la préparation et l'accompagnement des couples dans le mariage", a précisé Mgr Johan Bonny, évêque d'Anvers. "Les évêques croient au mariage entre un homme et une femme construit sur un engagement fort, une cellule que l'Église et la société doivent soutenir."

Le synode a par ailleurs évoqué les mariages mixtes, interreligieux entre autres, mais également l'accès à la communion pour les divorcés et la question des couples homosexuels. Mais ces thèmes sont trop importants pour y apporter une réponse définitive en quelques semaines, a signalé Mgr Bonny. "Le texte est une ouverture. Dans certains groupes linguistiques, le francophone par exemple, il était parfois impossible de mettre certains sujets sur la table. Nous avons donc besoin de plus de temps, mais nous avons entamé un processus de changement depuis l'élection du pape François."

Le synode a également étudié les différences de priorités et de réalités selon les localités. "Nous avons longuement entendu les évêques du Moyen-Orient, en proie aux conflits, mais aussi africains", a confirmé Mgr Bonny. "Cinquante ans après le concile Vatican II, la situation a changé, la complexité des situations familiales a augmenté sur tous les continents." "Nous avons appris à ne pas juger mais à écouter et à essayer de comprendre", a ajouté Mgr Luc Van Looy, évêque de Gand. "L'Eglise doit changer."