International

Les recherches de survivants des attentats d’une violence sans précédent commis mardi à New York et Washington se sont poursuivies dans la nuit de mardi à mercredi, après un discours à la nation du président George W. Bush qui a déploré des «milliers» de victimes.

«Des milliers de vies ont soudain été fauchées par des actes de terreur maléfiques et méprisables», a déclaré mardi soir du bureau oval le chef de la Maison Blanche.

«Nous ne ferons aucune distinction entre les terroristes qui ont perpétré ces actions et ceux qui les protègent», a encore affirmé le président, sans vraiment répondre aux questions de base expliquant ce que de nombreux Américains qualifient déjà de «Pearl Harbor» terroriste: qui ? et pourquoi ?

A New York, un nombre «énorme» de morts, selon le maire Rudolph Giuliani, se trouvait encore mardi soir sur les lieux de l’attentat ayant détruit les tours du World Trade Center, a indiqué à l’AFP une porte-parole du New York University Downtown Hospital.

Plus de 300 pompiers sont présumés morts à New York, selon le chef du département des pompiers de la ville et 85 policiers sont portés disparus, selon CNN.

A Washington, plusieurs chaînes de télévision ont par ailleurs rapporté que jusqu’à 800 personnes pourraient avoir péri dans l’attentat contre le Pentagone (ministère de la Défense).

Mais l’Amérique espère encore, alors que le maire Rudolph Giuliani a annoncé en fin de soirée mardi que deux premières personnes, ensevelies lors des attentats contre les tours jumelles, avaient été tirées vivantes des décombres.

Des centaines d’ambulances, des camions de pompiers mais aussi des grues, des bulldozers et des pelles mécaniques ont été réquisitionnés dans tout l’Etat de New York et dans les Etats voisins pour participer aux secours.

En l’absence de revendication, un responsable américain a fait savoir que les autorités soupçonnaient l’organisation du milliardaire d’origine saoudienne Oussama ben Laden d’être impliqué dans cette offensive sanglante.

Au total, quatre avions détournés ont été transformés par des pirates de l’air en bombes volantes.

Deux se sont écrasés contre les tours jumelles du World Trade Center, sur l’île de Manhattan, au centre de New York, un sur le Pentagone à Washington et un en Pennsylvanie sans que son objectif n’ait pu être déterminé.

Quelque 40.000 personnes travaillaient quotidiennement au World Trade Center. Dans la soirée, un troisième immeuble de 47 étages proche du complexe du World Trade Center s’est encore écroulé. Au total, 266 passagers et membres d’équipages se trouvaient à bord des quatre appareils, deux appartenant à United Airlines et deux à American Airlines. Ces compagnies n’ont pas fait état mardi de survivants.

En fin de soirée, les premiers parents de victimes connues commençaient à livrer aux journalistes des témoignages dignes de films d’horreur. Alice Hoglan, une Californienne, a reçu mardi matin un appel de son fils, Mark Bingham, 31 ans. «Je t’aime beaucoup, beaucoup, au cas où je ne vous verrai plus», a-t-il dit à sa mère, alors qu’il était à bord de l’un des avions qui s’est écrasé, l’appareil de United Airlines assurant la liaison entre Newark (New Jersey, est) et San Francisco. «Trois hommes ont pris le contrôle. Ils disent qu’ils ont une bombe», a-t-il dit. Dans l’avion détourné qui s’est écrasé sur le Pentagone, une passagère a également pu joindre son mari par téléphone. Elle a indiqué que les pirates de l’air n’étaient armés que de couteaux et de cutters et avaient regroupé les passagers et le pilote à l’arrière de l’appareil.

A Manhattan, l’attaque contre le World Trade Center a semé une effroyable panique. Dans les rues, des piétons couverts de poussière couraient dans tous les sens, des voitures de police passaient en trombe toutes sirènes hurlantes et des témoins en pleurs, hagards ou en prière, s’effondraient sur les trottoirs.

En fin de journée, les abords du World Trade Center s’étaient transformés en paysage lunaire. Un calme irréel s’était emparé de la ville.

Les activités du gouvernement fédéral reprendront leur cours normal mercredi, a assuré mardi soir George W. Bush.

Tous les bâtiments officiels dans la capitale fédérale avaient été évacués et fermés à la suite des attentats. «Nos institutions financières restent solides et l’économie américaine va tourner également normalement» mercredi, a promis le président des Etats-Unis.

Les marchés financiers américains n’ont pas ouvert mardi après les attentats qui ont touché le coeur du quartier financier de Wall Street à New York et devaient également rester fermés mercredi.

La nouvelle des attentats a provoqué un fort recul des places boursières en Europe alors que la bourse de Tokyo, la plus grande place financière d’Asie, a terminé la séance du matin sur une chute de 5%, établissant un record à la baisse depuis 17 ans.

Le dollar s’est également affaibli face à l’euro et au yen alors que les prix du pétrole et de l’or ont grimpé. Cette série d’attentats a été quasi unanimement condamnée dans le monde.