International

Les troupes syriennes ont pris d'assaut samedi une localité du nord-ouest du pays bombardée à l'artillerie lourde, à quelques heures de l'expiration d'un ultimatum de la Ligue arabe sommant le régime de cesser la répression de la révolte populaire, selon des militants.

Ces nouvelles violences surviennent au lendemain de la mort de 15 civils, dont deux enfants, tués par les forces de sécurité qui ont tiré pour disperser des manifestations appelant à la chute du régime dans plusieurs villes du pays, ont précisé ces militants dans une série de communiqués. "Les soldats ont pénétré à Chezar, dans la région de Hama, après l'avoir bombardée à l'artillerie lourde. Ils ont ensuite procédé à une campagne de perquisitions", ont précisé les Comités locaux de coordination (LCC), un groupe chapeautant les contestataires.

Selon un nouveau bilan fourni par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni, quinze civils ont péri dans la répression des manifestations vendredi. Un précédent bilan faisait état de 12 morts. Le régime du président Bachar al-Assad n'a pas officiellement répondu aux injonctions de la Ligue arabe qui lui a donné mercredi trois jours pour cesser la répression des civils sous peine de sanctions économiques, après avoir suspendu la Syrie des travaux de l'organisation. Selon une source auprès de la Ligue arabe, qui a son siège au Caire, le délai accordé au régime expire samedi à minuit (22H00 GMT).

Interrogé samedi par l'AFP, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Ahmed ben Hilli, a indiqué que l'organisation panarabe allait publier un communiqué dans la journée, sans autre précision. Vendredi, la Ligue arabe a dit examiner une demande syrienne de modifications à sa proposition d'envoyer à Damas une délégation de 500 observateurs pour s'assurer de la sécurité des populations civiles.

Le même jour, des milliers de manifestants sont descendus dans la rue pour crier leur hostilité au régime, malgré la répression. Des rassemblements nocturnes ont eu également lieu à Homs (centre), haut lieu de la contestation, qui ont été dispersés par la force. Onze manifestants ont été blessés par les troupes, selon l'OSDH.