International Le média Novaïa Gazeta rapporte que les autorités tchétchènes ont construit plusieurs camps où des homosexuels sont emprisonnés et torturés. Le but? Dénoncer d'autres homosexuels pour les contraindre à quitter le territoire ou pire, être battu à mort.

Ce sont plusieurs évadés de ces camps qui ont permis de connaître l'existence de ces lieux et les supplices que les homosexuels y endurent. Le tabloïd anglais Dailymail indique qu'un d'eux a dû payer une somme mensuelle à la police tchétchène afin de ne pas être inquiété, pour finalement, se retrouver enfermer comme beaucoup d'autres. Toujours selon Novaïa Gazeta, trois personnes auraient déjà perdu la vie dans ces camps.

L'organisation Amnesty International en Russie a demandé aux autorités russes de vérifier ces allégations. Mais elle confirme que la communauté homosexuelle est persécutée quotidiennement en Tchétchénie. L’ONG donne des informations supplémentaires, se basant sur la "Gazeta" : "certains des hommes enlevés auraient depuis été rendus à leur famille, probablement car leur orientation sexuelle n’a pas été confirmée par leurs ravisseurs. Ils restent cependant en grand danger en raison de l’intolérance homophobe locale".

Interrogé sur l'arrestation de plus de cent personnes homosexuelles, le président Tchétchène, Kadyrov a répondu : "C'est impossible de persécuter des gens qui ne sont pas dans la République."

Didier Reynders s'inquiète des violences potentielles

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders s'inquiète des informations faisant état de violences commises contre des hommes homosexuels en Tchétchénie. Si les faits devaient s'avérer, il faudrait ouvrir une enquête, a-t-il estimé mardi soir. 

"La Belgique souhaite rappeler que les droits de l'Homme sont universels et indivisibles", souligne le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué. "Si les faits rapportés se confirment, il est crucial qu'une enquête soit ouverte, que les auteurs identifiés soient poursuivis et que les victimes puissent bénéficier de justes réparations."

L'eurodéputé socialiste Marc Tarabella a quant à lui interpellé la Commission européenne, et plus particulièrement la Haute représentante de l'UE pour la politique étrangère Federica Mogherini, pour savoir quelles démarches l'UE allait entamer pour "pousser les autorités à faire cesser ces atrocités".