International

Trois députés européens et anciens ministres -roumain, slovène et autrichien- se sont dit prêts à "vendre leurs services", pour des sommes allant jusqu'à 100.000 euros, à des journalistes du journal britannique The Sunday Times se prétendant lobbyistes.

Les reporters du journal dominical ont proposé à plusieurs députés de les payer 100.000 euros par an en échange d'amendements qu'ils pourraient faire adopter. Trois élus ont accepté.

Adrian Severin, ancien vice-Premier ministre roumain, a envoyé un courriel aux faux lobbyistes, disant: "Juste pour faire savoir que l'amendement que vous souhaitiez a été déposé à temps". Peu après, il a envoyé une facture de 12.000 euros pour "services de conseil".

Zoran Thaler, ancien ministre slovène des Affaires étrangères, a lui aussi présenté un amendement, demandant par la suite que l'argent lui soit versé sur le compte d'une société basée à Londres. "Il n'est pas question que je dévoile ça", a-t-il dit.

Un troisième député, l'ancien ministre autrichien de l'Intérieur, Ernst Strasser, a déclaré aux journalistes: "Je suis un lobbyiste", avant de présenter un projet d'amendement auprès de deux de ses collègues siégeant à une commission responsable de la législation concernée. Un compromis a été obtenu en faveur des lobbyistes, a ensuite assuré M. Strasser aux journalistes. Le député a demandé qu'un premier versement de 25.000 euros soit effectué sur le compte d'une société qu'il détient en Autriche.

Après que le Sunday Times a dévoilé la véritable identité des faux lobbyistes, M. Severin a assuré n'avoir "rien fait d'illégal". MM. Strasser et Thaler ont assuré qu'ils savaient dès le début qu'il s'agissait de reporters et qu'ils voulaient simplement savoir jusqu'où cela irait.

Interrogé par le Sunday Times, la vice-présidente du Parlement européen, Diana Wallis, a promis une enquête. "Cela doit faire l'objet d'une enquête en profondeur", a-t-elle dit.

Le Parlement européen (PE) a annoncé dimanche l'ouverture d'une enquête sur les accusations de corruption portées par le journal britannique The Sunday Times contre trois eurodéputés, dont l'un, le conservateur autrichien Ernst Strasser, a déjà démissionné.

Les deux autres députés visés pour s'être dits prêts à "vendre leurs services", sont un ancien vice-Premier ministre roumain, Adrian Severin, et un ancien ministre slovène des Affaires étrangères, Zoran Thaler, tous deux membres du groupe socialiste-démocrate du PE.

"Les allégations du Sunday Times sont graves et le Parlement européen les prend au sérieux", a déclaré à l'AFP un porte-parole du PE, Jaume Duch. "Comme la vice-présidente du Parlement Diana Wallis l'avait anticipé dans l'article (du journal), le Parlement vient d'ouvrir une enquête sur ces accusations pour que les faits soient pleinement établis", a-t-il ajouté.

Interrogé par le Sunday Times, Mme Wallis avait promis une enquête "en profondeur".

"Les éléments en possession du Sunday Times sont en train d'être transmis au Parlement pour être attentivement examinés", a précisé M. Duch.

Se faisant passer pour des lobbyistes, des reporters du journal dominical avaient proposé à plusieurs députés de les payer 100.000 euros par an en échange d'amendements qu'ils pourraient faire adopter. Les trois élus cité auraient accepté.

M. Strasser, ancien ministre de l'Intérieur, a dû démissionner dimanche de tous ses mandats à la demande de sa formation, le Parti populaire (OVP, conservateur).