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Donald Trump a reçu vendredi le bras droit de Kim Jong Un à la Maison Blanche pour des entretiens cruciaux en vue d'un nouveau sommet entre le président des Etats-Unis et le dirigeant nord-coréen visant à sortir les négociations nucléaires de leur impasse. Cette rencontre en cours à la mi-journée avec Kim Yong Chol dans le Bureau ovale porte sur la "poursuite des progrès vers la dénucléarisation définitive et complètement vérifiée de la Corée du Nord", a déclaré la présidence américaine.

Elle fait suite à un premier rendez-vous, vendredi matin dans un hôtel de Washington, entre cet émissaire, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo et l'envoyé spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun. Les trois hommes ont eu "une bonne discussion" sur "les efforts pour faire des progrès sur les engagements pris par le président Trump et le président Kim Jong Un lors de leur sommet à Singapour", a fait savoir le département d'Etat.

Signe du caractère sensible de ces entretiens, la diplomatie américaine avait attendu vendredi matin pour confirmer cette rencontre avec l'interlocuteur privilégié de Mike Pompeo dans les difficiles négociations sur le désarmement nucléaire de la Corée du Nord.

Début novembre, l'annulation à la dernière minute de la venue de ce très haut responsable nord-coréen avait exposé au grand jour le blocage dans les discussions.

Ce n'est pas la première fois que Kim Yong Chol est reçu dans le Bureau ovale. Sa précédente visite, au printemps, avait relancé le processus diplomatique qui a permis de tourner la page d'une année 2017 scandée par les essais balistiques et atomique nord-coréens, les sanctions internationales et les menaces de guerre entre les deux camps.

Le 12 juin 2018, à Singapour, le tout premier sommet entre un président américain en exercice et un héritier de la dynastie de Kim au pouvoir en Corée du Nord avait ensuite débouché sur l'engagement du dirigeant nord-coréen en faveur d'une "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne".

Mais depuis, les tractations pour mettre en musique cette promesse se sont enlisées et les avancées concrètes se comptent sur les doigts d'une main.

Les observateurs pressentaient depuis le début que l'engagement nord-coréen était encore bien loin des exigences américaines. Pyongyang a fini par confirmer cette crainte en conditionnant récemment son propre désarmement au "retrait total des menaces nucléaires américaines", ce qui impliquerait une vaste remise en cause des accords de défense entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

De la même manière, le régime de Kim Jong Un réclame une levée des sanctions économiques, là où Washington, jusqu'ici, martèle qu'il n'interviendra qu'une fois que le Nord aura abandonné ses bombes atomiques.

Faute de progrès, l'idée d'un deuxième sommet Trump-Kim a fait son chemin ces derniers mois.

Il pourrait être "imminent", selon Séoul. Le Premier ministre vietnamien Nguyen Xuan Phuc a confirmé que son pays était prêt à accueillir ce nouveau tête-à-tête, mais la Thaïlande et la Mongolie sont également évoquées.

La décision pourrait intervenir après les rencontres de vendredi à Washington. Parallèlement, une autre responsable nord-coréenne, Choe Son Hui, était en Suède où l'émissaire américain Stephen Biegun pourrait la rejoindre dans les prochains jours.

"C'est un moment assez dangereux", s'alarme un diplomate occidental qui suit de près le dossier. "Si dans les prochains mois Kim ne lâche rien, Trump ne pourra pas continuer à dire que tout se passe bien et qu'il n'y a pas d'urgence, et on risque de retourner à la situation explosive de 2017", ajoute-t-il sous couvert de l'anonymat.

Selon des sources diplomatiques, l'administration américaine est pourtant prête à mettre des choses sur la table sur le terrain symbolique, comme l'ouverture d'un bureau de liaison ou une déclaration pour mettre fin formellement à la guerre de Corée, qui ne s'est achevée en 1953 que par un simple armistice.

Certaines de ces sources estiment que le président américain, qui veut un accord à tout prix, serait même prêt à lâcher du lest sur les sanctions sans obtenir une dénucléarisation totale.

C'est pour cela, pensent plusieurs observateurs, que Kim Jong Un préfère négocier en direct avec lui.