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La police turque a tiré vendredi des gaz lacrymogènes contre une manifestation de milliers de personnes rassemblées en dépit d'une interdiction dans le centre d'Istanbul pour la Journée internationale pour les droits des femmes.

La police a également repoussé la manifestation a l'entrée de l'avenue Istiklal, la principale rue piétonnière et commerçante d'Istanbul, selon un journaliste de l'AFP.

Les policiers ont dispersé la foule en tirant des grenades lacrymogènes et se sont ensuite dirigés avec des chiens vers les manifestantes, dont beaucoup ont fui par les rues adjacentes.

Avant l'heure prévue pour cette marche, la police avait annoncé qu'elle n'autoriserait aucune manifestion sur l'avenue Istiklal, et que ceux qui tenteraient de manifester seraient repoussés.

Une manifestation similaire s'était déroulée dans le calme l'an dernier.

La police était présente en force, y compris avec des policières, et avait érigé des barrières métalliques autour de la place Taksim, où de nombreuses boutiques avaient fermé.

"Regardez ça, c'est malheureusement la vérité: il y a un système, un Etat qui a peur de nous", a déclaré à l'AFP une femme nommée Ulker.

Plus tard, quelques milliers de femmes ont finalement été autorisées à occuper une petite partie de l'avenue, avec des pancartes proclamant "Les féministes en révolte contre la violence masculine et la pauvreté", et "Je suis née libre et je vivrai en liberté".

Certaines des manitestantes, portant masques et perruques colorées, chantaient des slogans comme "Nous ne nous taisons pas, nous n'avons pas peur, nous n'obéissons pas".

"En Turquie, la violence envers les femmes est très répandue, le gouvernement ne fait rien pour y mettre fin", expliquait une manifestante. "Tout ce que nous pouvons faire c'est venir ici et faire entendre notre voix".

Les militantes des droits des fammes accusent le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan de ne pas lutter assez contre les violences faites aux femmes.

En 2018, 440 femmes ont été tuées, victimes de meurtres sexistes, contre 210 en 2012, selon une association de défense intitulée "Nous ferons cesser le féminicide".

D'autres manifestations de femmes ont eu lieu à Ankara, rassemblant quelques centaines de personnes avec une présence policière discrète.