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Les dirigeants européens, qui se réunissent samedi, devraient discuter de nouvelles sanctions contre la Russie accusée d'incursion militaire en Ukraine, ce qui éclipsera la désignation attendue de deux hauts responsable de l'UE, le chef de la diplomatie et le président du Conseil.

Les 28 ont renforcé fin juillet leurs sanctions contre Moscou. Mais Kiev, qui dénonce une "invasion" de la Russie, a demandé jeudi à l'UE de nouvelles sanctions "significatives" et même une "aide militaire d'envergure".

Les chefs d'Etat et de gouvernement "devraient ouvrir la voie à de nouvelles mesures", a-t-on indiqué jeudi de source européenne, sans plus de précisions à ce stade sur la nature des mesures envisagées. "Nous avons toujours clairement fait savoir que de nouvelles sanctions seraient envisagées en cas de nouvelle escalade", a rappelé la chancelière allemande, Angela Merkel. La crise ukrainienne figurera "à l'ordre du jour" du sommet, "et nous nous poserons la question : Comment réagir?", a-t-elle ajouté.

Washington prêt à suivre

Les Etats-Unis se sont dits prêts jeudi à imposer de nouvelles sanctions contre la Russie accusée d'intervention militaire directe et d'"agression" contre l'Ukraine. "Nous avons des outils et des sanctions que nous pouvons certainement choisir de mettre en oeuvre", a déclaré la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki, disant aussi que Washington "n'avait exclu aucune option" quant à une éventuelle aide militaire américaine qui serait apportée à Kiev.

"Nous assistons, pas seulement depuis ces derniers jours, mais certainement depuis des semaines voire des mois, à un exemple de montée de l'agression des Russes en Ukraine", a dénoncé Mme Psaki, lors de son point de presse quotidien.

Avant Washington, Berlin et Londres avaient brandi la menace de nouvelles sanctions contre Moscou, accusée par Kiev d'"invasion" alors que l'Otan parle de la présence de plus de mille soldats russes dans l'est de l'Ukraine aux côtés des séparatistes.

Kiev a demandé jeudi aux Occidentaux des "sanctions significatives" et une aide militaire "d'envergure" face à l'entrée de troupes russes dans l'Est, faisant craindre une guerre ouverte entre la Russie et l'Ukraine.

Fidèle à la ligne de l'administration de Barack Obama, le département d'Etat a précisé que les Etats-Unis privilégiaient "les moyens diplomatiques" pour résoudre la crise ukrainienne. "Nous ne pensons pas qu'une solution militaire soit l'approche adéquate", a dit Jennifer Psaki.

Réunion d'urgence à l'Otan vendredi

L'Otan se réunira en urgence au niveau des ambassadeurs vendredi matin à Bruxelles, après les informations sur une entrée de troupes russes en Ukraine, a-t-on appris jeudi de source diplomatique

La réunion du Conseil de l'Atlantique Nord (NAC) débutera à 09H00 (07H00 GMT). Elle sera suivie d'une réunion de la Commission Otan-Ukraine durant laquelle les 28 ambassadeurs de l'Alliance échangeront avec leur homologue ukrainien, a-t-on précisé de même source.

Lors d'un point de presse à la base opérationnelle de l'Alliance en Europe (Shape) à Mons (ouest de la Belgique), le général Nico Tak a montré des photos satellites prouvant, selon lui, l'implication des troupes russes dans le conflit.

Il a indiqué que "depuis mi-août, des forces russes étaient activement engagées dans les combats", et que "depuis lundi, nous avons assisté à de nouvelles incursions près de Novoazovsk", ce qui crée un "nouveau front pour les forces ukrainiennes" et par conséquent les met "dans une très mauvaise posture".

La Russie dément

Le ministère russe de la Défense a démenti jeudi la présence de troupes russes dans l'est de l'Ukraine, alors que se multiplient les accusations d'intervention militaire russe dans cette région.

Ces accusations "n'ont aucun rapport avec la réalité", a indiqué un porte-parole, le général Igor Konachenkov, à l'agence de presse russe Interfax.

"Nous avons pris note de ces fausses informations et nous sommes dans l'obligation de décevoir leurs auteurs outre-Atlantique et leurs quelques soutiens en Russie, il s'agit d'un front uni dans la diffamation du ministère russe de la Défense", a-t-il accusé.

La Russie a toujours démenti les affirmations de Kiev et des Occidentaux selon lesquelles elle aurait envoyé des hommes combattre aux côtés des séparatistes dans l'est de l'Ukraine contre l'armée ukrainienne. "La Russie doit cesser de mentir et d'alimenter le conflit" dans l'Est de l'Ukraine, a déclaré jeudi l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power devant le Conseil de sécurité réuni en urgence.

Mme Power a dressé devant le Conseil une longue liste des indices montrant une implication directe des forces russes aux côtés des séparatistes prorusses, affirmant que "face à cette menace, ne pas agir coûterait trop cher".


15 civils tués dans des bombardements à Donetsk

Quinze civils ont été tués jeudi dans les bombardements qui ont touché plusieurs quartiers du bastion prorusse de Donetsk dans l'est de l'Ukraine, ont annoncé les autorités municipales.

Les tirs d'artillerie dans des quartiers de l'ouest, du nord et du nord-est ont endommagé les infrastructures de la ville, dont des immeubles résidentiels. Les autorités avaient précédemment annoncé jeudi la mort de 11 personnes dans les dernières 24 heures.