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Un incident à l’aéroport islandais de Keflavik a pris des proportions politiques en Turquie, à une semaine des élections à Istanbul : l’équipe nationale turque a été soumise dimanche à un contrôle serré des douaniers, certains bagages des joueurs ayant été passés au peigne fin alors que la pratique veut que les équipes nationales puissent passer les frontières le plus rapidement possible.

La Turquie joue en effet ce mardi soir contre l’Islande dans le cadre des éliminatoires de l’euro 2020. Samedi, elle a battu à domicile la France (2-0). Lors du match qui s’est déroulé à Konya, le public du stade a sifflé la Marseillaise jouée en l'honneur des Bleus, un comportement jugé "inacceptable" par le président Emmanuel Macron.

Les médias turcs affirment que l’équipe a dû patienter trois heures avant de franchir la frontière à Keflavik. Dans un tweet, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu a estimé que le traitement réservé à l’équipe nationale était « inacceptable tant du point de vue des pratiques diplomatiques que dans le sens humanitaire ».

Autre son de cloche du côté du gestionnaire des aéroports islandais, Isavia, qui affirme avoir agi de la sorte car l'aéroport de Konya - d'où ont décollé les joueurs - n'est pas certifié par l'autorité de l'aviation internationale, conduisant ainsi à des contrôles plus approfondis. De plus, les joueurs avaient dans leurs bagages à mains « de nombreux appareils électroniques et de liquides » qui n’avaient pas été retirés avant le passage au scanner, ce qui a ralenti la procédure. Celle-ci aurait pris 1h20 selon l’opérateur islandais.


Un selfie qui tourne mal

Pour ne rien gâcher, un touriste belge brandissant une brosse à vaisselle en guise de micro s’est introduit parmi les équipes de télévision interviewant à l’aéroport le capitaine de l’équipe turque, Emre Belözoğlu. L’intéressé, qui a filmé brièvement les interviews avec son smartphone, est un Liégeois qui voulait faire un selfie amusant pour ses amis.

Corentin Siamang est complètement dépassé par l’ampleur qu’a pris son geste sur les réseaux sociaux turcs. Des centaines de messages de haine lui ont été adressés, tandis qu’un compte parodique lui est consacré. Des internautes ont également redessiné le drapeau islandais avec la brosse à vaisselle au milieu. Le Liégeois a précisé que sa brosse n’était pas une brosse à cabinet, suprême injure pour les joueurs turcs, et qu’elle était propre.

Erdogan, témoin du mariage de Mesut Özil

Football et politique sont étroitement liés en Turquie, où le nationalisme a toujours été un courant dominant. Vendredi dernier à Istanbul, le président Erdogan a été le témoin du mariage de l’ancien international allemand Mesut Özil avec une ancienne miss Turquie, Amine Gülse.

Annulées, les élections municipales sont rejouées le 23 juin à Istanbul, un fief qui fut dans les mains du parti d’Erdogan pendant presque deux décennies. Seule l’élection du maire est en jeu, les conseils municipaux restant sous le contrôle de l’AKP, le Parti de la Justice et du Développement .