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Premier agrégé africain de l’Université de Paris en 1935 et premier écrivain noir reçu à l’Académie française en 1984, Léopold Sédar Senghor, ancien chef de l’Etat sénégalais, a été un homme politique et un homme de lettres couvert de lauriers.

Poète de la négritude, cet agrégé de grammaire française a lié son nom à la Francophonie. Inaugurée en novembre 1990, l’université francophone d’Alexandrie (Egypte) porte son nom, et le Haut conseil de la Francophonie (créé en 1984), dont il était vice-président, l’a nommé président d’honneur en mars 1991.

Tout au long de sa vie, Senghor a été honoré de nombreuses distinctions littéraires françaises et étrangères. Grand prix international de poésie en 1963, il sera le premier lauréat africain du Grand Prix littéraire de la mer et de l’outre-mer.

Désigné «Prince des poètes » en 1978 lors de la grande rétrospective que lui consacre la Bibliothèque Nationale, Léopold Sédar Senghor a notamment reçu pour l’ensemble de son oeuvre: la Médaille d’or de la langue française (1963), le Prix Hailé Sélassié des études africaines (1973), le Prix Apollinaire (1974), le Prix littéraire de Monaco (1977), le Grand Prix Alfred de Vigny (1981).

Pour son action politique en faveur de la paix et du dialogue interculturel, l’ancien président sénégalais, commandeur des Arts et des Lettres, a été lauréat du Prix de la paix des libraires allemands (1968), du Prix «Eurafrique » (1978) et du Prix de la fondation Onassis (1985). Il était également titulaire du Prix international du Livre (1979) et du Prix «Aasan » (1981).

Grand croix de la Légion d’honneur, M. Senghor était docteur honoris causa d’une trentaine d’universités à travers le monde, dont Ibadan, Bahia, Le Caire, Harvard, Abidjan, Louvain, Beyrouth, Paris-Sorbonne.

Elu à l’unanimité en 1969 membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques au siège du président Adenauer, entré à l’Académie Mallarmé en 1976, Léopold Sédar Senghor était devenu membre de nombreuses institutions après avoir abandonné ses fonctions de chef d’Etat en 1980.

Il était également membre du Conseil international pour la culture (créé par Jean-Paul II en 1982) et de la Commission indépendante sur les questions humanitaires internationales, créée en 1983 à Genève.

En 1984, il est élu à l’unanimité président de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CISAC). L’année suivante, il entre au Conseil d’administration du Centre mondial informatique et ressource humaine.

Fondateur en 1981, avec l’ancien président tunisien Habib Bourguiba, de l’Inter-africaine socialiste (IAS), Léopold Sédar Senghor avait aussi créé une fondation délivrant des bourses à de jeunes chercheurs. (AFP)