International

Les Chypriotes grecs ont démoli vendredi un pan de mur symbolisant la division de Chypre depuis plus de 30 ans, pour permettre l'ouverture d'un point de passage sur une rue emblématique du vieux Nicosie, la dernière capitale divisée dans le monde.

Sixième ouverture

La nouvelle a été aussitôt saluée par les autorités chypriotes turques, l'Onu dont les troupes surveillent depuis plusieurs décennies une zone tampon séparant la ville en deux, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Union européenne.

Les travaux de démolition du mur, rue Ledra, artère commerçante du centre historique, se sont achevés vers 3h, quatre heures après l'arrivée des bulldozers. "C'est un geste de bonne volonté pour contribuer de manière positive à l'ouverture de la rue Ledra", a déclaré le porte-parole du gouvernement chypriote Christodoulos Pashardes.

Ce point de passage serait le sixième reliant le Nord (turc) au Sud (grec) sur la "ligne verte" qui coupe toute l'île en deux, depuis que les Chypriotes turcs ont levé les restrictions au passage des Chypriotes grecs en avril 2003. "L'important maintenant, c'est d'ouvrir un nouveau point de passage, pour communiquer et vivifier la ville", a déclaré le maire de Nicosie, Eleni Mavrou.

Vendredi matin, des dizaines de personnes, touristes ou commerçants, commentaient l'événement. "Cela permettra aux deux communautés de se rencontrer" au coeur même de la ville, s'est félicité Savas Olympios, 57 ans, un glacier. Il faudra néanmoins du temps avant que le point de passage soit opérationnel, a prévenu le porte-parole du gouvernement chypriote.

Bâtiments à étayer

Outre le retrait de la zone des troupes turques, exigé par Chypre, des bâtiments délabrés devront être étayés et il faudra vérifier qu'il n'y a pas de mines dans le secteur.

Le Premier ministre de la République turque de Chypre du nord (RTCN, reconnue par la seule Turquie), Ferdi Sabit Soyer, a salué ce "développement positif" et assuré que son administration entamerait des travaux techniques pour l'ouverture dans les plus brefs délais du lieu de passage.

C'est "un pas très positif et bienvenu", a affirmé de son côté le chef de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (Unficyp), Michael Moller. "Une fois que les parties se seront mises d'accord [...], la force de paix se mettra immédiatement en place, avec le soutien financier de l'UE", a-t-il précisé.

La Commission européenne a souhaité qu'il s'agisse d'une "étape symbolique majeure vers le rapprochement des deux communautés".

L'ambassadeur des Etats-Unis à Chypre, Ronald Schlicher, a évoqué un pas en vue "de mettre fin à la division de la dernière ville divisée d'Europe", tandis que le haut-commissaire britannique Peter Millett a espéré qu'il contribue "à un climat de confiance mutuelle et serve de catalyseur au progrès".

Présence de mines

"L'obstacle n'est pas le mur mais les troupes turques. Si les troupes se retirent et permettent que l'Onu vérifie la présence de mines, alors le point de passage pourra être ouvert", a souligné le président chypriote Tassos Papadopoulos.

Chypre est divisée depuis 1974 à la suite de l'invasion et de l'occupation par l'armée turque du tiers nord de l'île. Environ 42 500 militaires turcs y sont encore déployés. (AFP)

© La Libre Belgique 2007