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"Nous remercions l’armée ukrainienne pour deux ans de paix à Slaviansk !" Au centre du panneau publicitaire, une colombe bleue vole vers un soleil jaune. Bleu et jaune, les couleurs de l’Ukraine. Comme pour ancrer l’ancien bastion séparatiste dans la lutte d’un pays toujours meurtri par un conflit hybride contre les forces prorusses et russes. A 100 mètres du panneau, des centaines de personnes se massent à l’entrée d’une maison de la culture. Depuis la reprise de la ville en juillet 2014, la situation des populations civiles ne s’est guère arrangée. Cette fraîche journée de septembre est un jour de distribution d’aide humanitaire.

"Comment se projeter dans l’avenir ? Il nous est impossible de revenir chez nous. Je suis de Makiivka, près de Donetsk. J’ai trois enfants. Je ne les ramène pas là-bas", explique Iryna Sebakhatova. Cette femme d’une quarantaine d’années est coordinatrice d’un foyer d’accueil de personnes déplacées depuis deux ans. "Ici, nous n’avons pas assez de ressources pour nous reconstruire une vie. Mes enfants ont été inscrits à l’école sans problème. Mais nous ne recevons qu’une aide sommaire. Nous devons payer le loyer, le chauffage, les vêtements…"

En mai 2016, plus de 1,7 million de personnes étaient enregistrées comme déplacées du Donbass, et réfugiées dans d’autres régions d’Ukraine. Selon l’Onu, le chiffre réel serait plus proche de 800 000 personnes, en tenant compte de celles qui sont retournées à leur domicile et des inscriptions non justifiées.

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