International Le secrétaire général de l’Organisation des États américains l’avait suggérée pour "renverser" Maduro.

Onze des quatorze pays du "Groupe de Lima" ont rejeté, samedi, toute "intervention militaire " ou "usage de la force au Venezuela ", au lendemain des déclarations du secrétaire général de l’OEA (Organisation des États américains), Luis Almagro, qui avait appelé à ne pas l’exclure.

"Préoccupation" et "rejet"

Ces onze pays (Argentine, Brésil, Chili, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Panama, Paraguay, Pérou et Sainte-Lucie) "ont exprimé leur préoccupation et leur rejet de toute démarche impliquant une intervention militaire ou l’exercice de la violence, de la menace ou l’usage de la force au Venezuela", selon un communiqué publié par le ministère brésilien des Affaires étrangères.

Vendredi, le secrétaire général de l’Organisation des États américains, Luis Almagro, avait déclaré en Colombie - qui entretient de mauvaises relations avec son voisin vénézuélien - qu’il ne fallait exclure aucune option au Venezuela, notamment une "intervention militaire visant à renverser le régime de Nicolas Maduro ". Il l’a accusé d’avoir provoqué la pire crise humanitaire et migratoire connue en Amérique latine depuis des décennies.

Le Groupe de Lima, qui comprend également le Canada, la Colombie et le Guyana, a été créé en 2017 en raison de la crise au Venezuela et a, à plusieurs reprises, dénoncé la radicalisation du gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro.

Les onze pays du Groupe de Lima ont réaffirmé leur engagement à "restaurer la démocratie au Venezuela et à surmonter la grave crise […] par une solution pacifique et négociée". Ils ont exhorté le gouvernement de Nicolas Maduro à "mettre fin aux violations des droits de l’homme, libérer les prisonniers politiques, respecter l’autonomie des pouvoirs".

L’économie du Venezuela, qui tire 96 % de ses revenus du pétrole, est en chute libre depuis la crise pétrolière de 2014. Quelque 1,5 million de Vénézuéliens ont émigré depuis 2015, quand la crise a commencé à frapper durement leur pays.

Caracas a annoncé de son côté qu’il ne laisserait pas passer la sortie de M. Almagro. La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a annoncé samedi sur Twitter : "Le Venezuela va dénoncer devant l’Onu et d’autres instances internationales M. Almagro […] pour incitation à une intervention militaire dans notre pays et pour attenter à la paix en Amérique latine et aux Caraïbes". Et d’ajouter : "Almagro entend faire revivre les pires interventions militaires impérialistes dans notre région, dont la stabilité serait sérieusement menacée par les agissements démentiels de celui qui usurpe de manière éhontée le secrétariat général de l’OEA."

Ex-ministre de Pepe Mujica

Luis Almagro, 55 ans, est un Uruguayen. Après avoir été, durant cinq ans, le ministre des Affaires étrangères du président uruguayen de gauche Pepe Mujica - célèbre dans le monde entier pour la modestie et la simplicité de son train de vie - Luis Almagro est devenu en 2015 secrétaire général de l’OEA.

Élu par 33 de ses 34 membres, il a juré de rendre à l’organisation son influence d’antan, rongée par sa soumission à la politique des États-Unis et par les coups de boutoir que lui avait portés le caudillo vénézuélien Hugo Chavez en créant des institutions rivales n’incluant pas les États-Unis ni le Canada.