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L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont rompu lundi avec le Qatar, accusé de "soutien au terrorisme", et pris un train de mesures visant à l'isoler:

  • Rupture immédiate des relations diplomatiques avec le Qatar, Bahreïn et les Emirats ordonnant à leurs diplomates de quitter Doha dans les 48 heures. En 2014, les trois pays avaient rappelé leurs ambassadeurs à Doha pour protester contre le soutien du Qatar aux Frères musulmans.
  • Fermeture des espaces aériens des trois pays aux vols de la compagnie aérienne du Qatar, suspension des liaisons aériennes et maritimes avec ce pays dans les 24 heures.
  • Les compagnies Etihad, Emirates et flydubai des Emirats arabes unis ont suspendu les vols sur Doha à partir de mardi matin. Qatar Airways a pour sa part suspendu ses liaisons avec l'Arabie saoudite, dont la compagnie nationale Saudia a pris une mesure similaire.
  • Fermeture de la frontière terrestre de l'Arabie saoudite avec le Qatar, ce qui bloque les importations de biens par voie terrestre du Qatar à travers l'Arabie saoudite.
  • Interdiction pour les ressortissants des trois pays de se rendre au Qatar.
  • Il a été demandé aux ressortissants du Qatar, visiteurs ou résidents permanents dans les trois pays, de partir dans un délai de 14 jours. Cette mesure contredit un accord sur la libre circulation au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG: Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar).
  • Seuls les pèlerins du Qatar peuvent se rendre sur les lieux saints musulmans en Arabie saoudite.


L'Iran appelle au "dialogue" entre le Qatar et ses voisins du Golfe

L'Iran a appelé lundi le Qatar et ses voisins du Golfe à "un dialogue franc" pour résoudre leurs différends, après la rupture des relations avec Doha décidée par l'Arabie saoudite et ses alliés.

"La résolution des différends dans les pays de la région, y compris les problèmes actuels entre les trois voisins du Qatar et ce pays, n'est possible que par des moyens politiques et pacifiques et un dialogue franc entre les parties", indique un communiqué de Bahram Ghasemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

"L'usage de sanctions dans le monde interdépendant d'aujourd'hui est inefficace, inacceptable et condamnable", a-t-il ajouté.

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont rompu lundi avec le Qatar et décidé notamment de fermer leur espace aérien et leurs frontières terrestres et maritimes avec cette petite mais très riche monarchie pétrolière et gazière.

L'Iran est "inquiet" par la situation ainsi créée et "demande à tous" de "tirer partie des expériences amères dans la région, d'éviter l'émotion et de s'en remettre à la sagesse afin d'aller vers la paix et la désescalade", a affirmé le porte-parole.

Selon lui, les tensions "ne bénéficient à aucun gouvernement de la région et menacent les intérêts de tous" alors que le Moyen-Orient et le monde "souffrent de l'expansion du terrorisme"

L'Egypte aussi a décidé de mettre fin à ses liens diplomatiques avec le Qatar, qui "insiste à adopter un comportement hostile vis-à-vis" du Caire, selon le ministère égyptien des Affaires étrangères.

Les voisins du Qatar on justifié ces mesures par le "soutien au terrorisme" de Doha, y compris Al-Qaïda, le groupe Etat islamique (EI) et les Frères musulmans, confrérie classée "terroriste" par l'Egypte et des pays du Golfe.

Selon l'Arabie saoudite, Doha soutient aussi "les activités de groupes terroristes soutenus par l'Iran dans la province de Qatif (est)", où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu'à Bahreïn, secoué depuis plusieurs années par des troubles animés par la majorité chiite de ce pays.