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"Jamais nous n'avons menacé la Wallonie, et je le dis à l'adresse du cdH", a lancé dimanche le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à la fin de la conférence de presse sur la signature de l'accord entre l'Union européenne et le Canada. "J'ai quelques mots à dire à l'adresse de la Wallonie", a-t-il commencé. "Je suis reconnaissant au ministre-président wallon Paul Magnette d'avoir dit devant les députés qu'il était reconnaissant du rôle de la Commission dans les négociations".

M. Juncker a rappelé que la Commission n'avait jamais mis d'ultimatum pour terminer les négociations entre la Wallonie d'une part et l'UE et le Canada d'autre part et a souligné avoir toujours dit qu'il était prêt à accorder le temps nécessaire pour arriver à un accord.

"Par ailleurs, jamais nous n'avons menacé la Wallonie, et je le dis à l'adresse du cdH et de son président", a-t-il tonné, conseillant également à la Belgique de réfléchir à son modèle interne pour la signature de traités internationaux.

Le président du cdH, Benoit Lutgen, s'est adressé directement à Juncker par le micro d'RTL-TVi. "L'Europe doit se réveiller. L'Europe des multinationales, on n'en veut pas. (...) Certains technocrates ne sont pas habitués à la démocratie, mais ils vont devoir s'y habituer."


Le cdH appartient à la même famille politique que M. Juncker, le Parti populaire européen (PPE).

Trudeau content que l'épisode wallon ait permis de répondre aux préoccupations

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau s'est dit dimanche "tout à fait content" que l'accord commercial entre l'UE et le Canada (CETA) ait suscité de vifs débats en Wallonie, au point de retarder de trois jours sa signature officielle, car c'est le propre de la démocratie d'être confronté à des défis, a-t-il commenté après la cérémonie de signature. M. Trudeau était interrogé sur l'attitude de la Wallonie, qui a refusé avec les autres entités francophones de Belgique, de déléguer son pouvoir de signature au gouvernement fédéral tant que ses objections et préoccupations à propos du CETA n'étaient pas rencontrées.

"Je suis en faveur de la démocratie et les défis que nous avons, en tant que chefs d'Etat ou de gouvernement, c'est de mettre de l'avant les meilleures propositions pour aider nos citoyens et bâtir un monde meilleur, c'est notre responsabilité", a-t-il commenté. "Ce qui fait partie intégrante de ces défis, c'est d'avoir des voix en opposition qui nous demandent à tout moment de justifier que la décision qu'on est en train de prendre, c'est la bonne. C'est essentiel, dans une démocratie, d'avoir une multiplicité de voix qui vont partager leurs préoccupations."

Le report de trois jours du sommet n'est qu'une péripétie sans conséquences, a assuré le Premier ministre canadien. "Effectivement, on avait planifié de signer cet accord il y a trois jours, on le signe aujourd'hui à la place, ça ne fait pas une énorme différence dans l'impact économique que ça va avoir pendant des décennies de manière positive sur tous nos citoyens. Et le fait qu'on ait pu écouter des préoccupations, adresser ces préoccupations (y répondre, ndlr), et démontrer que ça se fait dans le respect de la démocratie et des différentes perspectives, je suis tout à fait content qu'on arrive ici ayant eu des défis".

Le Premier français, lui, salue un accord "équilibré, un libre-échange maîtrisé"

Manuel Valls a salué la signature du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, dimanche à Bruxelles, un accord "équilibré, un libre-échange maîtrisé".

"De nouvelles opportunités respectant nos préférences sociales, environnementales: le #CETA, un accord équilibré, un libre-échange maîtrisé", a écrit sur son compte Twitter le Premier ministre, actuellement en déplacement en Afrique de l'Ouest.

L'UE et le Canada ont officiellement signé dimanche à Bruxelles leur accord de libre-échange (CETA), une signature retardée de trois jours par de vifs désaccords internes en Belgique.

Le CETA, qui supprimera 99% des droits de douane entre l'UE et Ottawa, entrera en application provisoire et partielle une fois ratifié par le Parlement européen et celui du Canada, dans les prochains mois. Il devra ensuite être approuvé par l'ensemble des Parlements nationaux et régionaux de l'UE pour devenir définitif.