La personnalité

Enfin ! Les mathématiques de haut niveau restaient jusqu’ici un des secteurs de la science le plus dominé par les hommes. Non pas au niveau des licences, mais déjà - fortement - à celui des doctorats et des post-docs. D’abord, à cause des conditions de travail des chercheurs en maths qui doivent multiplier les contrats temporaires et accepter de voyager sans cesse. Pas facile si on est mère. Mais en cause aussi, souvent, un milieu qui reste très macho, et à tendance à se coopter. Les mathématiciennes faisaient pression depuis longtemps pour que ça change. C’est d’ailleurs une Belge professeur à l’université de Duke, Ingrid Daubechies, qui est devenue en 2010, la première femme à diriger l’Union mathématique internationale qui organise notamment la sélection des médailles Fields. Celle-ci est souvent qualifiée de prix Nobel des maths comme le prix Abel donné lui à un mathématicien pour l’ensemble de sa carrière et attribué en 2013 au Belge Pierre Deligne. 

La médaille Fields est donnée à un chercheur de moins de 40 ans. On dit qu’en maths, la période la plus féconde est avant 30 ans. Jamais jusqu’ici, depuis l’instauration des médailles Fields en 1936, elle n’était revenue à une femme ! C’est chose faite cette année avec la jeune Iranienne de 37 ans, Maryam Mirzakhani, professeur à Stanford aux Etats-Unis (la Mecque des maths). Elle reçoit le prix de 11 000 euros. Spécialiste des formes géométriques inhabituelles, elle a découvert de nouvelles manières de calculer les volumes d’objets avec des surfaces hyperboliques, qu’on appelle "en selles de cheval". Des objets qu’on retrouve en physique dans les théories des cordes qui tentent de réunir la gravitation et la mécanique quantique.