Planète

Les élèves du secondaire qui sillonnent leurs rues des grandes villes belges chaque jeudi ont bel et bien fait bouger les lignes. Après avoir mis encore un peu plus à l'agenda des politiques les questions climatiques, voilà qu'ils font réagir les prestigieuses alma mater que sont l'ULB et l'UCLouvain. Dans un communiqué commun, les scientifiques de ces deux institutions appellent "les universités à rejoindre le mouvement climatique".

Ces 3500 chercheurs bruxellois et louvanistes envoient un triple message fort au monde politique et académique.

1) Ils appellent les universités à devenir "des exemples de la transition écologique". Cela signifie devenir des institutions zéro déchet, intégrer des critères sociaux et environnementaux dans les appels d’offre, désinvestir leur épargne de fonds finançant les énergies fossiles... Cela veut dire également financer davantage de recherche sur la transition écologique et sociale, et enseigner plus largement les dernières connaissances scientifiques en la matière dans tous les cursus.

2) Ils invitent les directions universitaires à "soutenir les mouvements citoyens, en particulier de leur communauté étudiante". Ils réclament dès lors "la tolérance de l’absence d’étudiants qui iraient marcher les jeudis avec les élèves de secondaire", comme cela va être le cas dans plusieurs universités le 14 février. "Le bouillonnement intellectuel et les débats qui ont lieu pendant et autour de ces marches entrent pleinement dans la volonté des universités de former des 'têtes bien faites' et pas juste des 'têtes bien pleines'".

3) Ils enjoignent les pouvoirs publics à "suivre les recommandations du Giec de mettre en place des changements sans précédent en termes d’échelle dans les domaines de l’énergie, des industries, de l'utilisation des sols, de l’organisation des villes, du transport et des infrastructures, afin d’en réduire massivement l'empreinte carbone".

Humblement, Olivier Malay, président du Corps scientifique de l’UCLouvain, dit "remercier les jeunes de nous montrer la voie"."Les constats ont été amenés de manière claire par la communauté scientifique depuis des années. Aujourd’hui, il faut que les pouvoirs politiques s’en saisissent et agissent de manière ambitieuse pour changer le système productif. Nous remercions les jeunes de nous montrer la voie en ce sens, et nous espérons que les universités répondront à leur appel."