Comment améliorer la propreté publique?

Gilles Toussaint Publié le - Mis à jour le

Planète

Les candidats aux récentes élections communales peuvent en témoigner : la propreté publique fait assurément partie des préoccupations qui reviennent spontanément dans la bouche des citoyens wallons. Un environnement sale nuit en effet non seulement à la qualité du cadre de vie, mais il contribue en outre à accroître le sentiment d’insécurité.

Mégots, canettes, emballages divers, tickets de transport en commun, etc., constituent le gros de ces "petits oublis" qui viennent maculer les trottoirs, les sorties d’autoroutes, les bords de voiries communales et même les abords des poubelles. La problématique constitue un combat de longue haleine pour les communes qui doivent non seulement nettoyer ces dépotoirs éparpillés, mais aussi agir préventivement pour tenter de corriger les comportements. Un vrai défi dont les coûts sont lourds.

"Depuis plusieurs années, il y a une véritable prise de conscience des pouvoirs locaux par rapport à ces enjeux", commente Tom de Schutter, directeur du Département des Etudes - Développement territorial de l’Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW). Une évolution qui se marque notamment par l’action répressive mais aussi éducative des agents constatateurs et sanctionnateurs qui ont pour mission de traquer et de réprimer les incivilités.

Un travail de prévention et d’éducation se fait également, mais cet axe est généralement traité dans le cadre de campagnes de communication plus larges sur la gestion des déchets, ajoute notre interlocuteur. "La question des déchets sauvages est un problème très préoccupant pour les communes. Nous nous réjouissons donc du travail en cours pour mettre en place une véritable politique régionale de propreté publique qui offrira un cadre général", souligne encore M. De Schutter. Car force est de reconnaître qu’il n’existe pas aujourd’hui de politique globale en la matière, chaque commune travaillant un peu dans son coin.

Partageant ce constat, le cabinet du ministre wallon de l’Environnement, Philippe Henry, travaille en effet avec les différents partenaires concernés (Intercommunales, secteur de l’emballage ) à l’élaboration de ce plan stratégique. Une étude est ainsi en cours pour déterminer les quantités et la composition des déchets sauvages, explique-t-on à l’Office wallon des déchets.

Car avant de se lancer, il convient de mieux cerner les tenants et aboutissants d’un problème complexe - quels sont les facteurs induisant ces comportements, les points noirs ? -, afin de déterminer les mesures les plus adaptées. "Faut-il continuer à financer des opérations de ramassage qui ne sont finalement que des "one shot" à répétition donnant peu de résultats probants sur le long terme ?", résume la responsable du dossier au cabinet Henry, où l’on souhaite avant tout agir sur la prévention.

Misant sur l’approche de l’exemplarité, celui-ci vient de lancer un nouvel appel à projet dont les résultats pourront alimenter la réflexion globale et aider à définir un programme d’actions efficaces et reproductibles. L’objectif est de "sentir le terrain" en soutenant financièrement une série d’initiatives novatrices permettant d’agir durablement sur la prévention, la réduction et la gestion des déchets sauvages.

Les projets doivent porter sur des mesures d’information, de sensibilisation et de formation permettant de changer les comportements ou des mesures visant à renforcer l’aménagement d’espaces publics. Il ne s’agit donc pas de financer de simples opérations de nettoyage et il faut qu’à chaque fois les options envisagées répondent à une analyse argumentée en faveur de la solution mise en œuvre. Un dispositif d’évaluation est également prévu. Celui-ci doit permettre d’échanger les bonnes pratiques, d’identifier les freins afin de déterminer les pistes qu’il sera utile de généraliser. Les lieux prioritairement concernés sont les alentours d’écoles et de gares; les quartiers et rues commerçantes; les centres de villages et de villes; les stations-service et les espaces naturels très fréquentés. Le public concerné est évidemment celui des acteurs locaux (communes, provinces, intercommunales, associations actives dans le domaine environnemental, contrats de rivières, groupe d’actions locales et agences de développement local), mais les partenariats sont fortement encouragés. Tout comme les projets ciblant des publics peu sensibilisés à ces questions. Une trentaine de dossiers seront ainsi sélectionnés, qui pourront bénéficier d’un coup de pouce allant de 5 000 à 20 000 €. Un financement qui provient du fonds Fost Plus. Mis en place en 2008, ce dernier est alimenté par l’organisme agréé pour la gestion des déchets ménagers à raison de 0,5 €/habitant et par an, afin de contribuer au financement de la politique régionale en matière de prévention et de gestion des déchets d’emballages.

Gilles Toussaint

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