Planète

Comment faire pour lutter contre les tempêtes en 2100, lorsque la mer du Nord aura monté d’un mètre ? Après avoir œuvré sur le littoral pour assurer la sécurité jusqu’en 2050, la Flandre réfléchit à présent à travailler en amont, directement dans la mer elle-même. Et à beaucoup plus long terme. L’idée : aménager des îles artificielles un kilomètre au large, afin de protéger le littoral, en brisant les vagues avant qu’elles n’arrivent sur la côte. D’autres pays réfléchissent déjà à cette possibilité.

Chapelet d’île

En Belgique, le secrétaire d’Etat à la mer du Nord Philippe de Backer (Open VLD) et le ministre flamand de la Mobilité Ben Weyts (N-VA) songent sérieusement à la construction d’une île artificielle-test au large de Knokke-Heist. "Ce projet pilote devrait démontrer quel est l’effet pour calmer les vagues et sur l’atténuation des effets de marée", expliquent les deux hommes politiques flamands. Leur volonté est de développer un système de protection de la Côte contre les inondations, capable de résister à une hausse du niveau de la mer de plus de 80 centimètres et surtout, qui permettrait de ne pas céder de terrain à la mer. Ce système de protection serait bâti dans la mer.

L’île de Knokke-Heist ne serait pas isolée; elle s’inscrirait en fait dans un chapelet d’îles (non reliées entre elles), qui permettraient encore aux bateaux de rejoindre le littoral. Ben Weyts a débloqué 8 millions d’euros pour une étude sur le projet, et pour la cartographie des fonds marins. "Nous investissons dans le futur, assure Ben Weyts, dans ce cas, un futur très lointain. Il n’est pas trop tôt pour commencer à se préparer à ce qui peut arriver. Nous devons trouver des solutions intelligentes pour nous protéger à long terme de la montée des eaux."

Obstacles techniques

Mais le projet n’a pas que des amateurs car il recèle plusieurs obstacles techniques, selon des experts. Ces îles devraient en effet être faites de sable, ce qui en demanderait une grande quantité.

D’autre part, transporter le sable met en péril sa cohésion et il risque alors de se mettre en suspension dans la mer. Il faudrait donc ajouter du béton pour la consolidation. Les tempêtes elles-mêmes pourraient aussi balayer ces îlots. Enfin, le projet nécessiterait de détruire l’écoystème préexistant, ce qui risque de déplaire à l’Europe… L’idée est donc encore loin d’être concrétisée.