Planète

Le projet d'accord sur le climat négocié à Paris contient des formulations trop "vagues" pour garantir que la hausse de la température restera à des niveaux souhaitables, ont jugé vendredi plusieurs climatologues présents à la conférence du Bourget.

"Les options qui envoyaient un signal clair sur les moyens d'y arriver ont été retirées du texte", a déploré Steffen Kallbekken, directeur de recherche au Centre de recherche international sur l'environnement et le climat (CICERO). Elles ont été "remplacées par des formulations assez vagues", a-t-il poursuivi, lors d'une conférence de presse en marge des négociations.

Le nouveau projet de texte en discussion depuis jeudi soir prévoit de limiter la hausse du mercure "bien en-deçà de 2°C" par rapport aux niveaux pré-industriels, et de "poursuivre les efforts pour limiter la hausse de la température à 1,5°C".

Une centaine de pays insistent pour que ce dernier objectif soit mentionné dans l'accord, les Etats insulaires soulignant que leur existence même est, au-delà de ce seuil, menacée par la hausse du niveau des mers.

Pour y parvenir, le texte propose "un pic des émissions de gaz à effet de serre le plus tôt possible" et "une neutralité des émissions durant la seconde moitié du siècle".

Pour Hans Joachim Schellnhuber, directeur de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK), il serait "bon de rester à 1,5°C". "Mais est-ce que le texte est suffisamment opérationnel pour ça? La réponse est non", a-t-il poursuivi.


Magnette: "La référence à 1,5°C, c'est vraiment important"

"Bien sûr on voudrait toujours plus", mais certains éléments repris dans la dernière version du projet d'accord climatique sont "vraiment importants", a souligné vendredi le ministre-président wallon Paul Magnette, au lendemain d'une deuxième nuit d'intenses négociations afin d'aboutir à un accord mondial ambitieux censé limiter à maximum 2°C le réchauffement climatique par rapport à l'ère pré-industrielle. Pour le ministre-président wallon, l'ajout, dans le brouillon actuel, à l'objectif de moins de 2°C d'une référence à des efforts supplémentaires en vue de limiter la hausse du mercure à 1,5°C, va réellement dans le bon sens.

M. Magnette, qui a eu l'occasion de participer à plusieurs conférences climatiques lorsqu'il était ministre fédéral du Climat, voit également d'un bon oeil le fait que le préambule du texte contienne, en l'état, une référence aux droits humains, à l'égalité des sexes et aux concepts de "transition juste" et "de travail décent".

"C'est important mais il est surtout important que tout cela reste dans le texte final", juge le ministre-président wallon.

M. Magnette se réjouit par ailleurs que l'ONU ait cité la Wallonie en exemple jeudi, parmi une poignée d'Etats comme la Suède ou l'Allemagne, pour son financement climatique pré-2020, ce qui selon lui, "crédibilise" la Région. "La petite Wallonie est arrivée ici avec un vrai financement de 8,125 millions d'euros, additionnel et récurrent. Ce n'est pas mal. La Wallonie a été citée par l'ONU, mais pas la Belgique", souligne-t-il encore.