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La Wallonie s'est engagée à verser en 2019 quatre millions d'euros au Fonds pour l'adaptation, un instrument créé en 2001 sous l'égide du protocole de Kyoto et très appréciée par les pays du Sud, a-t-on appris mardi à la Conférence des Nations unies sur le climat en Pologne (COP24). La Wallonie avait déjà versé à ce fonds quatre millions d'euros en 2018, 3,25 millions en 2017, un million d'euros en 2016 et 0,25 million en 2015.

Le Fonds pour l'adaptation est particulièrement apprécié des pays en voie de développement car, comme son nom l'indique, il vise à financer dans des pays très vulnérables des projets d'adaptation aux conséquences négatives du réchauffement climatique. Or, les pays du Sud déplorent régulièrement que le financement climat accordé par les pays du Nord fasse la part belle à l'atténuation du réchauffement climatique, c'est-à-dire à la réduction des gaz à effet de serre, au détriment de l'adaptation aux conséquences négatives déjà ressenties par les populations.

De plus, le Fonds pour l'adaptation affiche des résultats concrets sur le terrain et près de la moitié de ses fonds sont transférés à des entités nationales accréditées, ce qui renforce au passage les capacités d'action des pays du Sud. Enfin, cerise sur le gâteau, les pays en voie de développement occupent trois quarts des sièges de son conseil d'administration.

Depuis 2001, ce fonds a financé des projets à hauteur de 462 millions de dollars dans 73 pays, au bénéfice de 5,5 millions de personnes.

Malgré son utilité, le Fonds pour l'adaptation est désargenté car il devait initialement être alimenté par des recettes provenant de la tarification du carbone, dont le prix de marché s'est effondré. Financièrement, il est porté à bout de bras depuis plusieurs années par certains États européens. En outre, il a été créé sous l'égide du protocole de Kyoto et risquait donc de ne plus fonctionner après 2020. Mais la Communauté internationale a convenu l'an dernier, lors de la COP23 à Bonn, que le Fonds pour l'adaptation pourrait concourir à l'application de l'Accord de Paris sur le climat et donc poursuivre son travail après 2020. Les modalités selon lesquelles il servira l'Accord de Paris doivent toutefois être arrêtées lors de la COP24, qui se déroule en ce moment à Katowice, en Pologne.

Outre la Wallonie, l'Allemagne a annoncé mardi une enveloppe de 70 millions d'euros en faveur du Fonds pour l'adaptation, qui pour la première fois a reçu une contribution de la part de la Commission européenne et d'un pays non-européen, à savoir la Nouvelle-Zélande. Au total, les contributions annoncées lors de la COP24 atteignent un record de 128 millions de dollars.

Par ailleurs, la Wallonie attribuera cette année à hauteur de 2,9 millions d'euros au Fonds pour les pays les moins développés, de 0,1 million à la Coalition pour le climat et l'air propre et d'un million d'euros à l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), soit un total de neuf millions d'euros. La majeure partie du financement climatique alloué par la Wallonie revient à des projets d'adaptation.