Planète

Vroum vroum ! Tchoutchouk Tchoutchouk ! Uuuuuuuuuu ! Vroooooooaaaaarrrrr ! On l’oublie parfois, la pollution ne concerne pas que les sols, l’air ou l’eau : elle est aussi sonore. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le bruit est devenu la principale nuisance environnementale en Europe; ce qui contribue à générer un nombre croissant de plaintes, liées principalement au trafic routier, mais aussi ferroviaire et aérien. Ceci expliquant cela, l’Union européenne a d’ailleurs fait de la lutte contre le bruit routier une de ses priorités. Ainsi, la directive 2002/49/EG impose-t-elle aux Etats membres de mettre en place des plans de prévention du bruit dans les grandes villes et autour des axes routiers et ferroviaires (lire ci-contre).

En Région bruxelloise - qui compte un million d’habitants et quelque 400 000 navetteurs -, le bruit se classe parmi les trois premières nuisances environnementales. Plus interpellant encore, selon une enquête de l’Institut Bruxellois pour la gestion de l’environnement (IBGE), six à sept Bruxellois sont quotidiennement confrontés à un problème de bruit qui pourrait les pousser à déménager. C’est d’ailleurs ce sujet qui engendre le plus grand nombre de plaintes auprès de l’administration de Bruxelles Environnement.

Un atlas du bruit, édité par l’IBGE en 2010, répertorie les zones où les niveaux sonores dépassent les 55 dB (A) autour des axes de trafic routier essentiellement. Déjà en 2001, l’IBGE avait lancé un plan d’action - adopté en avril 2009 - qui reprend une quarantaine de prescriptions pour réduire le bruit dans la capitale (sensibilisation, information, seuils de bruit ) Parfois mal accueilli, il y a dix ans, par certaines administrations - parce qu’il imposait des normes contraignantes -, le Plan Bruit est aujourdhui devenu une guideline pour toutes les administrations régionales (convention avec la SNCB, etc.).

Pour Bruxelles-Environnement, l’aménagement du territoire a un rôle majeur à jouer dans cette problématique. Les paramètres qui influencent le bruit routier sont essentiellement le revêtement (l’asphalte ou les plaques de béton sont les moins bruyants) et la vitesse (plus un véhicule roule vite, plus il fait du bruit). "La politique actuelle de la Région est de mettre en zone 30 de plus en plus de quartiers, de forcer le gros du trafic dans les voiries principales, et d’empêcher le trafic de transit (les voitures qui court-circuitent par les petits quartiers, NdlR)", confie Jean-Laurent Simons, du département Bruit de Bruxelles-Environnement.

En outre, l’aménagement de sites propres pour les trams, de pistes cyclables, de trottoirs plus larges - quand les riverains acceptent que l’on touche à leurs places de parking - ou de murs anti-bruit, répond notamment à une politique de lutte contre le bruit (prolongement de la ligne de tram 94, aménagement du boulevard Léopold ).

Le Plan Bruit va aussi entrer en compte dans la politique de déploiement du logement à Bruxelles. "On va intégrer la cartographie bruit dans la fixation des indices de confort des zones où le logement va pouvoir être promu", explique Charles Picqué, ministre-Président de la Région bruxelloise.

Du côté du ciel, la Région-Capitale ne peut qu’adresser des amendes aux compagnies aériennes qui dépassent les seuils de bruit au-dessus de son territoire En attendant qu’un accord avec la Région flamande, chapeauté par le fédéral, soit finalisé

Pour Jean-Laurent Simons, l’idéal "serait de fixer une fois pour toutes des lignes de décollage. Si les pistes restent fixes, on peut facilement déterminer une politique d’aménagement du territoire pour isoler les habitations aux alentours."