Planète

Dans le film "The Revenant", le rôle qui lui valut l’Oscar, Leonardo DiCaprio incarnait un trappeur luttant pour sa survie dans une nature sauvage. Pour "Before the flood", l’acteur enfile à nouveau les bottes et la parka, pour s’immerger dans la nature, dans un captivant tour du monde qui l’emmène du Groenland à la Chine, en passant par l’Indonésie. Mais cette fois, il joue son propre rôle dans ce documentaire consacré au réchauffement climatique.

En bonnet sur la banquise

Nommé par l’Onu "messager de la paix sur le climat" en 2014, Leonardo DiCaprio se lance peu après dans ce documentaire afin d’explorer les causes et les effets du réchauffement. "Je ne voulais pas que le film effraye les gens ou leur montre des faits et des chiffres connus mais mette le focus sur ce qui peut et doit être fait immédiatement pour laisser une planète viable aux futures générations. Le temps presse." Le sex-symbol hollywoodien choisit donc délibérément de se mettre en scène, sur le terrain ou dans les coulisses de ses films et de poser les questions de "celui qui ne sait rien" .

Et ça marche. Rien de ce qu’il dit n’est neuf, mais comment ne pas sursauter avec lui devant l’épaisseur de glace perdue en cinq ans au Groenland ? Les pieds dans l’eau, un scientifique déplie, devant un DiCaprio en bonnet et doudoune, un câble de la station de mesure, qui était autrefois plongé sur 9 m à la verticale dans l’épaisseur de glace, et gît désormais à l’air libre. Comment ne pas se lamenter devant l’étendue des forêts éradiquées par l’extraction des sables bitumineux au Canada, qui ne laisse que de la boue - "on dirait Mordor, dans le Seigneur des Anneaux" , soupire l’acteur, depuis l’hélicoptère. Outre des scientifiques de référence et des entrepreneurs tel Elon Musk qui proposent des solutions ( "100 gigausines de batteries comme la mienne suffisent à une transition mondiale vers l’énergie renouvelable" ), la célébrité du comédien lui permet d’interpeller les décideurs mondiaux : les autres superstars du doc sont le Pape ou le président Obama… Le documentaire, sorti en pleine présidentielle, est aussi un geste politique. DiCaprio, sympathisant démocrate, enjoint le spectateur à choisir "des leaders qui luttent contre le changement climatique" . Posté le 30 octobre sur YouTube, "Before the flood" a déjà été vu 5,6 millions de fois.



Amateur de Tesla et… de jet privé

Après l’ancien vice-président américain Al Gore et "Une vérité qui dérange" ou l’actrice française Mélanie Laurent et "Demain", le comédien de 41 ans Leonardo DiCaprio et son "Before the flood" ("Avant le déluge") va rejoindre une série de "stars-activistes" qui alertent le spectateur sur le réchauffement climatique. Rien de tel qu’une célébrité charismatique pour attirer l’attention du grand public sur ce sujet austère… DiCaprio l’a bien compris. Avec le revers de la médaille, car le mode de vie de la star "écolo", qui a créé sa fondation environnementale à 24 ans, roule en voiture électrique Tesla et a recouvert sa maison de panneaux solaires, est soigneusement scruté. Le sex-symbol amateur de séjours en yacht en compagnie de blondes apprécie aussi les jets privés. En mai 2016, durant des vacances à Cannes, il avait fait un aller-retour d’un jour en jet privé jusqu’à New York, pour aller chercher… une récompense environnementale. Tollé dans les médias contre celui qui presse à abandonner les énergies fossiles… Dans "Avant le déluge", il préfère d’ailleurs précéder les critiques et admettre : "Mon empreinte écologique est sans doute bien plus élevée que la plupart des gens…"