Planète

Alors que tous les esprits sont légitimement obsédés par la menace que représente le terrorisme djihadiste, à quoi peut bien servir le sommet de Paris ?

A quoi ça sert ces milliers de kilomètres parcourus - en avion, souvent - par les délégués des différents pays ?

A quoi ça sert, ces heures de négociations sans fin où l’on ergote sur la moindre virgule, la moindre note en bas de page ?

A quoi ça sert de se fixer des objectifs sans réelle obligation de les tenir ?

A quoi ça sert de se préoccuper du "temps qu’il fera" dans cinquante ou cent ans ?

A quoi ça sert ?…

Tout ou presque a été dit, écrit et répété sur le phénomène des dérèglements climatiques. Sur les risques qu’ils comportent, surtout. Sur les opportunités de changement positif que ce défi offre à nos sociétés, trop peu.

Le réchauffement climatique n’est pas la promesse d’un Armageddon d’ordre divin. C’est la conséquence de phénomènes physiques largement documentés et démontrés, découlant d’un mode de développement économique intenable. Un amplificateur de menaces, qui ne fera qu’exacerber les tensions sociales et géopolitiques.

Les solutions existent, à portée de main. On peut encore remédier à ses causes et parer bon nombre de ses conséquences. Mais il y a urgence. Et cette transformation dépend fondamentalement de la mobilisation de chacun.

De Paris, c’est certain, ne sortira pas le grand accord magique qui "sauvera la planète". Elle n’en a pas besoin. C’est plutôt un certain idéal de l’Humanité qu’il est question de préserver.

Après avoir été la victime expiatoire de l’obscurantisme et de la haine aveugle, Paris pourrait aider à (re)trouver un certain "sens de l’intérêt commun à agir ensemble", selon l’expression de l’ex-ministre français Pascal Canfin.

Ce serait déjà beaucoup.


Le réchauffement climatique en ligne du temps