Planète

Nous y voilà. La session ministérielle de la 18 e Conférence de l’Onu sur le climat s’ouvre cette semaine au Qatar. Un sommet qui doit tenter de fédérer un front mondial dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Relever ce défi passe par une indispensable "prise de confiance". La confiance dans le verdict de la science, qui apparaît toujours plus sombre. La confiance que les pays industrialisés vont devoir établir avec des pays en développement, lassés des promesses jamais tenues. La confiance des citoyens des pays riches, effrayés à l’idée de voir leur mode de vie remis en cause et redoutant que des politiques de développement soutenable, équitable, ne reviennent à les appauvrir. Quelle qu’en soit l’issue, ce sommet ne va pas miraculeusement régler tous les problèmes. Au mieux, il marquera le début d’un processus qui participe à la redéfinition des équilibres géopolitiques mondiaux et, singulièrement, des rapports Nord-Sud. Au pire, il actera une fracture profonde qui nous mènera un peu plus vers des temps incertains.

On s’épanche, on s’épanche Et l’on se rend soudain compte que cet éditorial est peu ou prou celui que l’on avait écrit il y a trois ans, peu avant le triste Sommet de Copenhague

Tétanisés, tout occupés à lutter contre la crise économique, les politiques semblent avoir oublié les belles paroles d’hier. Et considérer que le problème climatique - qui est avant tout un problème énergétique et de partage des ressources - peut attendre. Grave erreur qui ne fait que davantage creuser l’énorme dette environnementale que nous avons contractée et dont nous serons bien en peine de rembourser ne fût-ce que les intérêts.

Édito de Gilles Toussaint