Planète

C’est un champ de ruines. Des rues noyées par une eau boueuse. Des ponts détruits. Des moyens de communication coupés. Des habitations dévastées. Des terres agricoles lessivées. Avec, au milieu des débris, des hommes, des femmes et des enfants en quête d’un abri. A la recherche d’un peu d’eau potable et de nourriture. Ou de nouvelles de proches disparus.

Avec le passage de l’ouragan Sandy, le sort s’acharne sur Haïti. Alors que les cicatrices du tremblement de terre sont loin d’être refermées. Alors qu’il y a deux mois, à peine, la tempête Isaac a déjà semé la désolation. Le petit peuple haïtien est là. Debout. Nus pieds dans la fange. Loin des caméras. Une fois de plus, il va s’efforcer de survivre, n’ayant d’autre choix que de cultiver l’espoir. Ou le désespoir. Une vie de misère dans un pays à terre, accueillant goutte après goutte la perfusion d’une aide internationale suspendue au bon vouloir des donateurs. Que voulez-vous, c’est la crise.

De retour des Caraïbes, Super Sandy a également fait trembler la côte Est des Etats-Unis. Pragmatique, équipé, organisé, le peuple américain fait le gros dos. Le "spectacle" fut dantesque. New York l’étincelante a pris l’eau et se retrouve partiellement plongée dans le noir. Les dégâts humains ont pu être limités. Les lourds dégâts matériels, eux, seront rapidement effacés.

Là est sans doute la seule morale qui vaille à cet épisode tempétueux : nous ne sommes pas tous égaux devant les caprices du climat. Que l’on nous annonce toujours plus nombreux. Toujours plus violents. Mais il est malheureusement peu probable que cet ouragan suffise à faire tourner ce vent-là.