Planète Les populations de vertébrés sur Terre ont chuté de 58% entre 1970 et 2012 et si cette tendance persiste, elles pourraient avoir diminué de 67% en moyenne d'ici à 2020, avertit le WWF jeudi dans un rapport.

Le précédent rapport Planète vivante de l'ONG, paru en 2014, faisait état d'une chute de 52% entre 1970 et 2010.

Le WWF, en collaboration notamment avec la Société zoologique de Londres, a étudié 14.152 populations appartenant à 3.706 espèces de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles.


"Les solutions résident dans nos systèmes alimentaire et énergétique"

"Selon les scientifiques, nous sommes sur la voie d'une sixième extinction de masse", a déclaré Antoine Lebrun, directeur général de WWF Belgique, à l'occasion de la présentation à Bruxelles du nouveau rapport Planète Vivante de l'organisation. Les populations mondiales de vertébrés ont chuté de 58% entre 1970 et 2012, à cause principalement de l'activité humaine. Pour préserver la biodiversité, des solutions existent, comme la réduction d'un tiers de notre consommation de viande. Les principales menaces pour la biodiversité sont la dégradation des habitats naturels ou encore la surexploitation des espèces sauvages, soit des menaces liées directement aux activités humaines. De plus, la destruction des habitats est causée en grande partie par notre mode de production et de consommation alimentaires.

Pour expliquer la problématique, WWF s'appuie sur l'exemple de la région du Cerrado, au Brésil, presque réduite à néant pour la culture du soja. L'Europe monopolise à elle-seule 13 millions d'hectares sur ce continent pour sa consommation, et chaque européen en mange 61 kg chaque année sans le savoir, via les produits à base de viande.

"En Belgique, chacun doit prendre ses responsabilités": le consommateur, les producteurs et les points de vente. "WWF ne prône pas d'arrêter la consommation de viande, mais de la réduire d'un tiers, en privilégiant la qualité." Tant les fabricants d'aliments que leurs clients (éleveurs de porcs et de volailles, etc.) doivent aussi s'assurer de s'approvisionner en soja certifié "zéro déforestation". "Aujourd'hui, il n'est clairement plus possible de dire: 'nous ne savions pas'."

Repenser nos modes de production et de consommation est donc primordial, tout comme sortir d'une approche à court-terme pour privilégier une "démarche visionnaire qui tient compte des générations futures".

L'ONG salue toutefois l'adoption des accords mondiaux sur le climat et des Objectifs de développement durable à l'horizon 2030, qui insufflent "une dynamique positive" globale.