Planète

Greenpeace dénonce mardi la volonté de la ministre fédérale de l'Energie et de l'Environnement Marie Christine Marghem (MR) d'assouplir les ambitions climatiques fixées pour la Belgique à l'horizon 2030. "Elle attaque une ambition qui est déjà assez faible, c'est honteux", réagit Joeri Thijs, expert environnement au sein de l'organisation. "Nous dénonçons évidemment cette démarche, qui paraît d'ailleurs être une démarche en solo", poursuit Joeri Thijs.

"On n'a pas entendu la ministre sur le climat et l'énergie depuis des mois, puis elle réagit à la sortie de Trump de l'accord de Paris. Ce sont des mots, des mots, des mots, mais pour les actes... (...) Pour nous, elle fait un peu la même chose que Donald Trump", commente encore Greenpeace. "Elle veut rester dans l'accord, mais elle attaque un ambition qui est déjà trop faible. C'est honteux et très cynique."

De son côté, le WWF souligne "l'incompréhension" que suscite l'intention de la ministre fédérale, alors que la majorité des pays du monde "disent qu'il faut en faire davantage, en réponse à la sortie de Donald Trump de l'accord de Paris", citant notamment l'Inde et la Chine. "La Belgique devrait déjà en faire plus pour être en conformité avec l'accord de Paris", ajoute le Fonds mondial pour la nature. "De plus, si la Belgique fait moins, ce sont d'autres pays qui devront faire plus."

Pour l'organisation environnementale flamande Bond Beter Leefmilieu, il s'agit en outre d'un "mauvais signal politique". "Les négociations avec l'Europe sont déjà à un stade avancé, nous touchons au but. Il est donc étrange que Mme Marghem change son fusil d'épaule."

"Suggérer que la Belgique révise à la baisse ses objectifs, à une époque où le retrait de Trump menace l'accord de Paris d'un effet domino aboutissant à un nivellement par le bas, est totalement irresponsable", déplore enfin le CNCD-11.11.11. "Soyons réalistes, madame la ministre, il n'y a plus de temps à perdre! L'objectif belge de 35% est certes ambitieux, mais à la hauteur des enjeux."

"La Belgique a besoin d'une vision nationale en matière de politique climatique et énergétique, matérialisée dans un Plan national énergie-climat intégré. L'Union européenne attend de nous qu'il soit prêt début janvier 2018, et à ce jour, on n'en a toujours vu aucune ébauche!", rappelle encore le Centre national de coopération au développement.

La ministre dément...

La Belgique n'a nullement l'intention de renégocier à la baisse son objectif européen de réduction de gaz à effet de serre à l'horizon 2030, a martelé mardi soir la ministre fédérale de l'Energie, Marie-Christine Marghem, après une journée de polémique sur le sujet. En cause: un article paru dans la presse flamande mardi matin affirmant, sur base de propos collectés ce week-end auprès de la porte-parole de la ministre, que la Belgique comptait renégocier à la baisse cet objectif trop ambitieux.

"C'était une erreur de communication", a assuré mardi lors d'un point de presse Mme Marghem. "J'ai depuis peu une nouvelle porte-parole néerlandophone qui vient d'entrer à mon cabinet et elle ne disposait pas de toutes les données du dossier", a ajouté la ministre.

La Belgique entend donc bien conserver son objectif de 35% de réduction d'émissions de gaz à effet de serre d'origine non-industrielle (transports, agriculture, déchets, efficacité énergétique) à l'horizon 2030.

"Ce n'est pas quelqu'un comme moi qui vais tourner le dos à cette trajectoire d'efforts. Le but est clair, intangible et partagé par les quatre niveaux de pouvoir", a assuré Mme Marghem, se réjouissant au passage des réactions "très ambitieuses" formulées mardi par les différents ministres régionaux.

"On va faire des efforts énormes, colossaux, pour atteindre cet objectif", a encore dit la ministre.

La Belgique confirmera cette position le 19 juin prochain à l'occasion d'un conseil des ministres européens. La Belgique y sera représentée par la ministre flamande de l'Environnement, Joke Schauvliege.

La porte-parole à l'origine de la polémique restera, elle, au sein de son cabinet, a encore précisé mardi soir Mme Marghem, qui y voit une "erreur de jeunesse".

Cette bévue avait poussé mardi matin les services de Premier ministre à réagir pour démentir l'information publiée dans la presse.