Planète

Lancé la semaine dernière via la LaLibre.be, notre appel à témoignages a suscité de multiples réactions. Dont des conseils pour changer ses habitudes. En voici une synthèse non exhaustive alors que les étudiants de nombreux établissements scolaires mènent leur quatrième action de “grève climatique” ce jeudi.


1. Soutenir le développement d’une alimentation durable.

En bonne logique, nombre des mesures attendues de la part des responsables politiques portent sur le domaine de l’alimentation. Plusieurs intervenants souhaitent ainsi voir les pouvoirs publics mettre en œuvre des mesures favorisant des repas scolaires plus écologiques et, plus généralement, l’accès à une nourriture saine. Un choix végan ou végétarien devrait obligatoirement figurer au menu de tous les services de restauration collective, jugent plusieurs répondants.

Concernant la consommation de viande, une nette tendance s’affiche pour des politiques incitant à une réduction. En taxant la viande rouge ou en arrêtant les aides au secteur de l’élevage, par exemple. Tiffanie (27 ans) appelle pour sa part à une abolition pure et simple de l’élevage, tandis que Laura (24 ans) y apporte une nuance : "Arrêter l’élevage intensif."

En contrepartie, les subsides devraient être réorientés vers les agriculteurs qui se tournent vers des productions végétales comme les légumineuses ou vers des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. "Pourquoi ne pas baisser les taxes sur les producteurs locaux et bio ?", suggère Jesca (37 ans). Idem pour les aides financières soutenant la création de filières en circuit court, que les répondants désirent voir se généraliser. Car il faut qu’"un maximum de gens aient accès à ces produits", insiste Alice (16 ans), qui juge que les magasins bio devraient être subsidiés.

2. Sus aux déchets (plastique) !

Les attentes sont également très fortes en faveur de politiques permettant de diminuer la production de déchets. La philosophie "zéro déchet" devrait ainsi être intégrée dès la maternelle, estime Gwendolyn (27 ans). L’interdiction des distributeurs de canettes dans les écoles est également demandée. Une préoccupation qui répond tant à des motifs environnementaux que de santé. Diverses voix s’élèvent en faveur d’amendes dissuasives contre les dépôts de déchets sauvages ou réclament la mise en place d’un système de consigne pour les canettes, les bouteilles en plastique ou en verre. "Une véritable consigne de 50 cents aurait à coup sûr son effet", pense Nicolas (24 ans).

Mais pour nombre des répondants, il faut agir à la source en interdisant l’usage d’emballages en plastique et des plastiques à usage unique ; ou en pénalisant financièrement les entreprises qui y recourent inutilement. Dans tous les cas, il est temps de traquer le suremballage, avec des obligations de réduction et des sanctions à la clef. Des politiques de soutien aux commerces qui proposent des produits en vrac sont également attendues, ainsi que la généralisation des poubelles de tri sélectif partout dans les rues et des mesures imposant des obligations de recyclage.

3. Vélo, transports en commun et véhicules électriques

En matière de mobilité, le renforcement de l’offre en matière de transports en commun fait l’unanimité, tant quantitativement que qualitativement. Transports dont les prix devraient diminuer, voire atteindre la gratuité, estiment plusieurs répondants. L’utilisation de la voiture doit également être découragée, ressort-il. Pourquoi pas une "Journée sans voiture" chaque mois, un jour de semaine, propose Adel (23 ans). La TVA sur les moyens de transport propres (vélo, trottinette avec ou sans assistance électrique…) devrait être abaissée, estime Aurélie (33 ans). À l’inverse, les véhicules polluants devraient être davantage taxés (en fonction de leurs poids, de leurs dimensions et des émissions de CO2). Le recours à des 4X4 ou des SUV par des gens qui n’en ont pas l’utilité devrait être interdit, "mais aussi les véhicules qui atteignent des vitesses supérieures à 130 km/h", tranche Nicolas (22 ans). Les voitures de société et l’attribution de cartes carburant sont également en ligne de mire.

Il faut supprimer les "incentives" qui amènent les gens à posséder une voiture et les pousser à changer leur façon de se déplacer en fonction de la nature de ce déplacement. Le développement d’un réseau cyclable "à la Hollandaise" est plébiscité, ainsi qu’une piétonnisation accrue des villes. On pourrait interdire "le passage des voitures dans le centre des grandes villes", aux yeux de Laura. Des incitants en faveur du télétravail et la fin de la dispersion géographique de l’habitat font également partie des revendications avancées. "Il faut encourager le transport de fret par train plutôt que par camions", plaide pour sa part Miki (22 ans). Le transport aérien devrait aussi être limité, par le biais par exemple d’une taxe sur le kérosène.

4. Encourager les comportements vertueux, décourager les autres

De manière générale, les multinationales doivent être rendues responsables de la pollution qu’elles génèrent, jugent plusieurs répondants. Des investissements dans les infrastructures d’énergies renouvelables et un désinvestissement du secteur des énergies fossiles sont attendus, ainsi qu’un grand plan de financement pour permettre à la population d’isoler les habitations.

Quelques participants appellent de leurs vœux un bannissement de la publicité pour certains produits ou encourageant la surconsommation. Pour sa part, Adrien (20 ans) souhaiterait la mise en place "d’une sorte de code qui spécifie sur chaque produit ou service la quantité de CO2 qu’il génère".

Les "produits irrespectueux de l’environnement et de la santé doivent être beaucoup plus taxés", résume Corman (27 ans). "Il faut donner des primes aux entreprises et établissements qui s’engagent à installer des infrastructures écologiques", défend Héloïse (19 ans), alors que Lola (25 ans) juge qu’il faut "un contrôle des investissements des banques dans des projets au détriment de l’écologie".

La grande majorité des répondants soulignent également que cette transformation de la société doit s’opérer dans un cadre socialement juste, via notamment une fiscalité accrue sur les hauts revenus.

Enfin, appel est également lancé pour que notre pays se dote d’une "loi climat" et que l’on mette fin à l’éparpillement des responsabilités en matière climatique. L’exemplarité des élus, invités à se libérer des lobbies, est aussi mise en avant. "Pourquoi pas des ministres à vélo et qui participent au jeudi végétarien", suggère Marie (20 ans).