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Non, l’infarctus du myocarde n’est pas une affaire exclusivement ou même principalement masculine. Voilà bien une idée fausse, parmi d’autres, à combattre. En effet, contrairement à ce que l’on a tendance à penser, les accidents d’origine cardiovasculaire tuent chaque année en Belgique davantage de femmes (17 000) que d’hommes (14 000). Si, tous sexes confondus, les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité dans notre pays, elles arrivent en première position chez nos contemporaines devant les cancers, qui occupent quant à eux la première place chez les messieurs, devant les pathologies cardiovasculaires.

Non, les femmes ne sont pas forcément, indéfectiblement et indéfiniment protégées par leurs hormones naturelles, les fameux œstrogènes. Si en moyenne, un infarctus se produit bien une dizaine d’années plus tard chez la femme par rapport au moment où il survient généralement chez l’homme, chez une jeune femme présentant plusieurs facteurs de risque - et elles sont de plus en plus nombreuses dans ce cas - l’effet protecteur des œstrogènes risque de s’atténuer, ce qui peut provoquer un infarctus. On sait aussi que les femmes ayant une ménopause précoce ont davantage de risques d’être victime d’un accident cardiovasculaire que celles ayant une ménopause naturelle et tardive.

Les différences anatomiques les fragilisent

Et non, encore, les femmes n’ont pas un meilleur pronostic en matière de maladies cardiovasculaires. Par rapport aux hommes, certaines différences anatomiques les fragilisent. Les artères coronaires qui alimentent le cœur en oxygène sont effectivement plus étroites chez les femmes et ont donc tendance à se boucher plus facilement. Ce rétrécissement des artères peut donc provoquer des symptômes plus vite.

Non, toujours, les femmes ne sont pas moins sensibles aux facteurs de risque cardiovasculaires. Quel que soit le sexe, ceux-ci s’avèrent identiques : hypertension, diabète, surpoids, manque d’activité physique, tabagisme, stress chronique, antécédents familiaux…

Et non, enfin, les symptômes précurseurs d’un infarctus ressentis par les femmes ne sont pas toujours tout à fait identiques à ceux qui sont le plus souvent observés chez les hommes. En effet, lors d’accidents cardiovasculaires, contrairement à ces derniers, les premières ne ressentent pas nécessairement cette violente douleur thoracique constrictive, caractéristique d’un infarctus du myocarde, mais bien des symptômes atypiques (voir notre infographie), qui peuvent induire en erreur pour le diagnostic.

Une semaine de sensibilisation

Victimes de ces signes trompeurs et de toutes ces idées fausses, les femmes risquent d’être moins rapidement prises en charge avec toutes les conséquences que l’on imagine. C’est précisément pour informer et sensibiliser le public mais aussi les médecins à la grande vulnérabilité du public féminin aux accidents cardiovasculaires, que la Ligue cardiologique belge a voulu axer la 36e édition de la Semaine du cœur (du 21 au 27 septembre) sur la prévention cardiovasculaire chez la femme.

Sous le slogan "N’est pas toujours à risque celui que l’on croit… Les maladies cardiovasculaires ne sont pas qu’une affaire d’hommes ", la campagne de sensibilisation sera notamment l’occasion de rappeler que les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de mortalité chez la femme dans le monde occidental. Et d’inviter au dépistage précoce et régulier des facteurs de risque cardiovasculaires et ce, au moins aux périodes clés de la vie de la femme, à savoir lors de la première contraception, la grossesse et la ménopause.

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