Planète

Un tantinet fébrile, Yves Van Parys enfile sa vareuse blanche malgré le soleil de plomb qui tape ce jour-là sur le toit du Sénat. Il y a trois semaines environ, une reine y est née. Et aujourd’hui, l’apiculteur vient la marquer.

C’est la deuxième reine qui est née depuis que le rucher a été installé sur cette toiture d’où se détache, dans le ciel bleu, le palais de justice, entre grues, gratte-ciel et toitures grises.

Son enfumoir à la main, l’apiculteur s’approche de l’une des trois ruches peintes par l’artiste Jacques Dujardin, dans des couleurs jaune, rouge… et noir. " La fumée a pour effet de calmer les abeilles , explique-t-il, tout en précisant que cette colonie est vraiment très douce." Et tout particulièrement calme ce jour-là : " Je suppose qu’elles retrouvent peu à peu de la nourriture… Quand on les enfume, les abeilles pensent qu’il y a un incendie, alors elles se gavent de miel, ce qui leur procure un sentiment de sécurité. Et maintenant, le but est de trouver la jeune reine."

Agenouillé près de la ruche, il sort un à un les cadres d’alvéoles qu’il examine minutieusement, avant de les remettre en place faute d’avoir trouvé l’heureuse élue, qui se caractérise par un abdomen bien plus long que ses quelque 20 000 petites ouvrières. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Eh bien non, cela n’aura finalement pas duré très longtemps avant que, comme un enfant, le passionné crie victoire : " Ça y est, je la vois. Je l’ai trouvée. Elle est là, vous voyez ? " Et maintenant, il n’y a plus qu’à la capturer, avec douceur. " Vous allez voir la méthode la plus douce pour les attraper , lance Yves Van Parys, muni d’un simple petit tube transparent en plastique, équipé d’un piston . Un peu de patience, il faut à présent attendre qu’elle remonte dans le tube."

A près le marquage, le moment le plus délicat…