Planète

Nicolas Hulot vient d'appeler les candidats à la présidentielle à plus de "solidarité avec la nature". En France, l'écologie reste à la traîne dans le débat politique. Même s'il y a des signes encourageants. Dossier.


Sept minutes, sur trois heures et demie de débat. C’est le temps qui a été accordé aux questions écologiques lors du "Grand débat", mettant aux prises les cinq principaux candidats à la présidentielle française, la semaine dernière, sur TF1. Quelques semaines auparavant, Nicolas Hulot publiait une tribune dans "Libération" sous le titre : "l’écologie, la mal-aimée de la campagne présidentielle". "Dans le brouhaha politico-médiatique, l’écologie reste trop souvent un bruit de fond inaudible, une préoccupation parmi d’autres qui influe à la marge sur nos politiques", dénonçait l’ancien animateur d’"Ushuaïa", à présent président d’une fondation pour la nature. Ayant annoncé qu’il ne soutiendrait aucun candidat, Nicolas Hulot ne se prive cependant pas de les aiguillonner sur les questions environnementales.

Le nucléaire polarise

Avec 80 ONG, il a publié le 23 mars un "appel des solidarités", en particulier "avec la nature et les générations futures" : protection du climat, énergie renouvelable, économie circulaire…

Dans cette campagne, "les questions écologiques ne sont pas au centre des préoccupations de la majorité des candidats, juge Hervé Kempf, auteur et journaliste français spécialisé en écologie (Reporterre). En plus, la campagne est polluée par les affaires de corruption autour de M. Fillon ou de M. Fillon lui-même", ainsi que par la poussée de l’extrême droite et les questions liées à "l’identitaire". "Cela rend difficile de pousser le débat ailleurs…" Mais l’auteur de "Tout est prêt pour que tout empire" voit des améliorations dans cette cuvée 2017, "car à gauche, ça bouge". "Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont vraiment un programme écologique, surtout celui de Mélenchon, travaillé depuis longtemps. C’est un thème qu’ils mettent en avant et pas de façon marginale. Donc la question écologique n’est pas totalement oubliée de la discussion." Et c’est une position "sincère" même si pour Hamon, "la démarche est plus récente. Il y a un vrai travail intellectuel qui s’est fait chez lui […] mais une large partie du PS reste en retard." Pour François Gemenne, expert auprès de Hamon, "il y a eu un déclic à gauche. Celui à droite doit encore se produire. Les voix à droite qui portent ces sujets sont marginales et surtout celles des femmes : Lepage, Jouanno, Kosciusko-Morizet… Comme si les hommes de droite considéraient que ce n’est pas important !"